Christian Estrosi au Medef : "Il faut permettre au monde de l'entreprise d'être acteur sur les programmes et projets politiques"

Christian Estrosi au Medef : "Il faut permettre au monde de l'entreprise d'être acteur sur les programmes et projets politiques"

Présent ce 31 août à l’Université d’été du Medef au côté de son candidat Nicolas Sarkozy, le président de la région Paca et de la Métropole Nice Côte d’Azur Christian Estrosi revient sur l’appel de Pierre Gattaz à accorder à l’économie la place qu’elle mérite dans les programmes des prétendants à la présidentielle, en dézinguant au passage le démissionnaire Emmanuel Macron. Sans oublier de revenir sur l’attentat du 14 juillet et son impact en termes d’attractivité du territoire.

Le souhait de Pierre Gattaz (président du Medef) d’accorder dans les programmes des candidats la priorité à l’économie et l’emploi :
"En ce qui concerne le programme de Nicolas Sarkozy, c’est déjà le cas. Si on fait l’addition des dispositions portant sur la fiscalité et les charges des entreprises, la fiscalité des ménages et les charges familiales, l’emploi, les initiatives de soutien à l’investissement et à l’innovation, la place accordée au numérique, moteur de croissance de l’industrie française comme de l’organisation du pays, la baisse des charges de fonctionnement et d’administration et les compensations pour financer tout cela qui passent par des économies ciblées, on n’est pas loin des 70% de Pierre Gattaz. Il est vrai que les problèmes liés à l’insécurité en général supposent des mesures extrêmement fortes, mais elles sont ciblées. Alors que le chantier de restructuration de notre économie, qui va jusqu’à la réorganisation des collectivités territoriales, est beaucoup plus vaste. Mais il est vrai que le débat aujourd’hui se concentre sur le régalien. C’est à mon sens une erreur de le maintenir sur ce seul plan là, car c’est en parlant économie et social que nous arriverons à convaincre une part de l’électorat modéré."

L’appel de Sophie de Menthon (présidente d’Ethic) à écouter les entrepreneurs :
"Sophie de Menthon n’a pas tort lorsqu’elle demande qu’avant de faire une réforme qui va s’appliquer à tous sans en connaître les impacts, il faudrait l’expérimenter d’abord dans une vingtaine d’entreprises. Je trouve que c’est une formidable idée. C’est pourquoi je propose une réorganisation de la vie politique, de façon à permettre au monde de l’entreprise d’être acteur sur les programmes et les projets. C’est ce que j’ai fait en région Paca, avec par exemple le guichet unique aux aides à l’investissement, à l’innovation et à l’implantation que nous avons monté de manière paritaire avec le monde de l’entreprise."

La démission d’Emmanuel Macron :
"Personne ne peut contester les qualités d’Emmanuel Macron en matière d’économie. Cela n’empêche toutefois pas de constater que la production industrielle a chuté ces dernières années dans des proportions conséquentes. J’ai l’impression qu’il n’a pas forcément mis ses connaissances au service de notre pays. J’ai l’expérience de la vente des 60% des parts de l’Etat au capital de l’aéroport de Nice. Faire rentrer de l’argent en vendant les bijoux de famille, c’est facile, c’est beaucoup plus difficile lorsqu’il s’agit de gagner des parts de croissance."

L’aéroport cédé au consortium Azzurra, tout est bien qui finit bien ?
"Non, tout n’est pas bien qui finit bien. Le groupement qui a été retenu est celui pour lequel j’ai pesé parce qu’il me paraissait le moins pénalisant et le plus engagé au côté des collectivités pour l’attractivité de notre territoire. Il n’empêche que j’aime bien le durable, et pas le fragile. Que va-t-il se passer dans quinze ans lorsque l’acquéreur pourra envisager la revente de ses parts à d’autres repreneurs ? Un aéroport est un intérêt stratégique de la nation, surtout quand c’est un aéroport international qui a vocation demain à être relié à 200 destinations (123 aujourd’hui, ndlr)."

Attentat du 14 juillet et son impact sur l’attractivité du territoire et de l’Eco-Vallée :
"Les investisseurs avec lesquels on a signé ces dernières années, et dont les projets sont en voie d’émergence ou émergeront, ne se sont pas rétractés. C’est un premier point. Ensuite, ce qui s’est passé nous pousse à aller encore plus loin dans la numérisation de notre territoire, et donne paradoxalement un caractère d’attractivité fort auprès des industriels et investisseurs qui veulent faire de notre ville un laboratoire à présenter à leurs clients. Je ne relève donc pas de faiblesse de ce côté-là, même s’il faudra juger sur la durée. D’où le prochain lancement par la Région et la Métropole d’un grand plan de communication à l’international auprès de pays cibles dans lequel nous proposerons des conditions attractives pour ceux qui s’installeront chez nous."

L’annulation des événements qui s’accumulent :
"Si nous avons annulé des événements importants, comme le championnat d’Europe de cyclisme qui avait permis des réservations hôtelières conséquentes, c’est parce que nous ne pouvions pas faire autrement. Aujourd’hui, nous réfléchissons à une politique événementielle nouvelle, car on ne peut plus imaginer les politiques événementielle, culturelle, sportive, économique sur le même modèle, à savoir une population de masse sur des espaces publics. Il faut repenser tout cela dans des espaces contrôlés pour continuer à attirer des visiteurs."