Le changement s'est opéré l'été dernier, discrètement. La plateforme chimique du Pont-de-Claix, à proximité de Grenoble, s'est rebaptisée "Grenoble chemical park". Cette dénomination anglophone, tout comme la participation au salon Pollutec à Lyon le mois dernier, correspond à une nouvelle politique de promotion du site. «Nous devons asseoir l'image de la chimie en Isère, explique Patrick Pouchot, responsable communication de Vencorex, la principale industrie du site. Depuis le départ de Rhône Pollenc, nous ne sommes plus connus. Nous devons donc nous rendre visibles en Europe et dans le monde, nous bâtir une image, pour aller chercher de nouvelles entreprises et continuer à nous développer.» Le site de Pont-de-Claix offre des terrains disponibles, accessibles à des activités à risque, classées Seveso seuil haut. Et il est le seul site français et un des seuls européens à pouvoir travailler le chlore, élément indispensable dans la chimie. Dans le nord du département, sur les sites siamois des Roches-Roussillon, non loin de Vienne, la plateforme dispose aussi d'hectares disponibles, mais les entreprises sont plus nombreuses et diversifiées. Lors de sa journée annuelle de promotion locale, le GIE Osiris, gestionnaire du site, a rappelé les nombreux projets en cours, avec un montant global de 100M€ d'investissements en 2011. En2012 et2013, les montants restent importants, preuve du dynamisme du secteur.
Arrêt d'exploitation
Ainsi, Adisseo (filiale nutrition animale de Bluestar, 360 personnes en Isère) investit 100M€, dont 85M€ pour le projet Europe 2, une nouvelle unité de production, en remplacement d'une vieillissante. Le projet Europe2 lui permettra d'augmenter sa production de 20% et créera une vingtaine d'embauches. En revanche, Rhodia (groupe Solvay) doit se réorganiser suite à la décision de son client Bayer d'arrêter l'exploitation de l'oxadiazon début 2014. Cela entraîne la suppression de 39 postes, les salariés devant être reclassés dans le groupe ou sur la plateforme. Cette décision risque d'avoir également un impact fort sur la société Isochem du Pont-de-Claix, autre producteur d'oxadiazon pour Bayer, mais n'ayant pas la même assise que Rhodia. D'où l'intérêt de tous de promouvoir leurs sites et d'attirer, rapidement, de nouveaux acteurs.
Attractivité. Deux des trois plateformes chimiques iséroises font leur promotion pour attirer de nouvelles implantations sur leurs sites.
Entre classement Seveso, terrains disponibles et services mutualisés, les prétendants ne manquent pas d'atouts.