Le groupe de travaux publics Charier basé à Montoir de Bretagne structure son projet de cogénération de déchets à La Vraie-Croix, dans le Morbihan. Pour cela, il va accueillir à hauteur de 20% la Caisse des dépôts, bras armé financier de l'État français, dans le capital d'Energécie. Cette SAS pilote la centrale de cogénération des déchets située au sein de sa déchetterie de la Croix-Irtelle à La Vraie Croix. Charier en possède 60% et Econerphile, une PME ayant pour actionnaire principal l'entreprise finistérienne Le Floch Dépollution, se situera à 20%.
Plus de 10millions investis
Depuis 2003, Charier a investi plus de dix millions d'euros dans son site de La Vraie-Croix, dont 4,8millions d'euros pour la centrale de cogénération. «Après les granulats, la route, le terrassement, les travaux maritimes, le déchet est notre cinquième métier», indique Germain Charier, vice-président du groupe Charier. La première centrale de cogénération de biogaz de Charier monte aujourd'hui en puissance. D'une part, le groupe produit de l'électricité à partir du biogaz issu des déchets industriels ultimes non dangereux. Avec déjà un rythme de croisière de plus de 3,8millions de kWh distribués dans le réseau ERDF local. D'autre part, Charier produit de la chaleur avec quatre millions de kWh thermiques acheminés vers le site Soprat de Doux (400 personnes). «Nous mettons à leur disposition des calories afin qu'ils puissent réchauffer l'eau nécessaire à des actions de nettoyage», explique Sébastien Raimbault, directeur du pôle métier déchets valorisation.
«La Soprat était auparavant équipée d'une chaudière au fuel lourd», signale Hugues Bazan, directeur adjoint au développement chez Charier. «Nous avons remplacé ce système par une petite chaudière au gaz avec un réservoir de calories pour l'eau chaude».Charier croit aux déchets. Même si la concurrence y est parfois féroce, avec un très sérieux compétiteur dans le voisinage, le récent Écopôle Sita/Suez de Gueltas.
Les TP s'effritent
Certes les déchets ne pèsent encore que 5% du chiffre d'affaires de Charier (contre 80% pour les travaux publics et 15% pour les granulats). Mais cette activité peut constituer un axe de développement face à un marché des travaux publics qui a tendance à s'effriter. «Les travaux publics souffrent car les conseils généraux prévoient pour la plupart moins de dépenses d'investissement. Il y a un écart grandissant entre les départements ruraux et urbains. En France, 40 départements, dans le Centre ou en Champagne-Ardenne, n'investissent quasiment rien dans les infrastructures», indique Germain Charier. Le tissu breton et des Pays de la Loire est plus dynamique. «Quoique moyen par rapport à la Provence Alpes Côtes d'Azur, Lyon ou l'Ile-de-France», remarque le chef d'entreprise nazairien. Outre un récent chantier à quinzemillions d'euros pour un barrage dans l'Oise, Charier a signé le génie civil et les travaux maritimes du port de Roscoff (Finistère). Un marché de 35millions d'euros sur un budget global de 52millions d'euros.
Charier
(Montoir-de-Bretagne) Président: Philippe Cunin Effectif: 1.400 salariés CA 2011: 300 M€ 02 40 17 14 14.