Chambre de métiers : Une image écornée
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Chambre de métiers : Une image écornée

Rémi Thuau se souviendra longtemps de son après-midi du 2novembre 2010. Invité à présider l'élection du futur président de la chambre de métiers des Côtes-d'Armor, le préfet des Côtes-d'Armor a assisté à un spectacle digne d'une pièce de théâtre de boulevard. Alors que tout prédestinait Marie-Christine Gaultier, tête de liste UPA, à endosser le costume de représentante des artisans pour les cinq ans à venir, c'est finalement son second, Louis Noël, qui l'a coiffée sur le poteau. Et ce, après un scrutin interminable de près de cinq heures. Si sur la forme, il n'y a rien à redire - le maçon de Lannion a été élu démocratiquement en toute transparence - c'est davantage sur le fond que le bât blesse. Ce retournement de situation, alors qu'aucun signe de division n'était apparu lors de la campagne, a réveillé les démons d'une guerre des territoires. Les ex-Saint-Brieuc ne souhaitant pas partager le pouvoir, de la chambre de métiers la plus puissante de Bretagne, avec une ex-Dinan. Pourtant, l'élection de Marie-Christine Gaultier ?avait de la gueule ?: une femme, crêpière, investie depuis plus de 20 ans dans la défense de la profession. Qui plus est légitime par son statut de présidente sortante. Régulièrement cité en exemple pour véhiculer des valeurs de partage, de dialogue et d'humilité, l'artisanat costarmoricain est parvenu, l'espace d'un après-midi, à perdre une partie de ce crédit. @email

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