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ous lancez une conférence sur le thème « Osez vous lancer ! », pour fêter les 20 ans de la CGPME Vendée le 12 mars. Vous constatez qu'il y a moins d'entrepreneurs ?
Dans cette période morose, de dépôts de bilan, de difficultés du bâtiment, à l'heure où le pays se désindustrialise, etc., on veut avant tout envoyer un message positif. On ne peut pas toujours se plaindre. Il faut aussi favoriser l'entrepreneuriat. Ce message s'adresse à tous : aux jeunes, à ceux qui ont des projets d'entreprises, aux salariés, aux dirigeants... On leur dit : osez investir, aller à l'international, vous remettre en question, aider les porteurs de projets à se lancer. Et osez l'apprentissage !
Justement, l'apprentissage est votre cheval de bataille 2015. Que réclamez-vous ?
Il faut l'étendre. Ce type de formation fonctionne très bien. Notamment, bien sûr, dans l'artisanat ou les métiers de bouche. C'est un emploi à la clef dans 90 % des cas. Mais l'apprentissage ne doit pas se limiter à ça. On peut être apprenti en usine et à tous les niveaux. Il faut l'étendre aux formations supérieures, de techniciens, d'ingénieurs... En Allemagne, par exemple, la formation des ingénieurs se fait majoritairement via l'apprentissage ou l'alternance. Le problème tient en partie au système éducatif français, élitiste, qui passe par des grandes écoles prestigieuses. Mais derrière, ces écoles, à part quelques grands groupes qui recrutent à leur sortie, les jeunes passent généralement par la case Pôle Emploi. Peut-être aussi que l'enseignement supérieur a peur de voir le monde de l'entreprise se substituer à lui, ce qui n'est ni le cas, ni le but.
Comment étendre l'apprentissage aux diplômes d'ingénieurs et techniciens ?
En tout cas, ni par la loi, ni par le militantisme. D'un côté, il s'agit de susciter des vocations chez les jeunes, par des actions de sensibilisation. De l'autre d'augmenter la demande des entreprises pour lancer des formations. Il y a encore beaucoup de filières sur lesquelles il n'y a pas de centre d'apprentissage. Dans mon secteur d'activité, l'emballage et l'industrie graphique (NDLR : Éric Leys dirige la société Datys à Velluire), je ne connais pas de formation de ce type. D'autres domaines de l'agroalimentaire pourraient aussi en réclamer sur de nombreux postes : préparation de commande, contrôle qualité etc. D'autant que les régions et départements cherchent à aider les initiatives dans ce domaine. L'apprentissage cristallise vraiment notre attention avec d'autres sujets comme la simplification administrative, le retrait du compte pénibilité...
François Asselin, nouveau président de la CGPME nationale, sera présent le 12 mars. L'avez-vous déjà rencontré ?
Oui. Il vient de la fédération du bâtiment, qui est un peu le bras armé de la CGPME. Il en est d'ailleurs vice-président, après avoir dirigé la FFB de Poitou-Charentes. C'est un homme attachant, un homme de dialogue. Il n'est pas dans la provocation. Mais il n'hésitera pas à tacler les dérives patronales. Par exemple, lorsque l'on vient rompre l'unité, comme quand le Medef vient déshabiller Paul pour habiller Jacques. C'est ce qui s'est passé lors de la pseudo-conférence sur la modernisation du dialogue social. Le Medef a accepté le rajout de certains seuils sociaux, en contrepartie d'allègements de certaines contraintes pour ses grosses entreprises internationales. Encore une négociation dans les salons dorés des ministères, où l'on sacrifie les petites entreprises...
Les 20 ans de la CGPME
Soirée des 20 ans de la CGPME Vendée : « Osez vous lancer ! » le 12 mars à 17h30, salle Othello à Mareuil sur Lay. Inscription :
www.osezvouslancer.fr