D
aniel Villareale, vous êtes le président de la CGPME Loire. Comment est née cette idée d'accompagner les jeunes ?
Nous avons été sollicités par les services de Saint-Étienne Métropole qui nous ont fait part d'un certain nombre de problèmes, notamment celui de l'accès aux stages pour les jeunes sans réseau. Cela remonte à plus de deux ans. Depuis, nous travaillons avec beaucoup d'énergie sur ce projet. Nous avons créé une commission de travail avec nos adhérents intéressés. Nous avons associé à cette réflexion l'Éducation nationale, la Ville de Saint-Étienne, le Conseil général, la Région, la Direction départementale à la cohésion sociale, la CGPME Rhône-Alpes et la Stas. Il s'agit d'un projet de grande envergure, c'est une première en France. Nous avons même recruté récemment, une chargée de mission pour suivre ce dossier, Patricia Vivares. Nous sommes désormais prêts pour nous lancer.
Concrètement, quelles sont les actions que vous allez mener ?
Il y a plusieurs volets. Pour les stages, grâce à nos adhérents et à leur carnet d'adresses, nous allons mettre les jeunes en lien direct avec les entreprises. Nous les dirigerons sur des secteurs pertinents pour leur avenir, sur des métiers en tension par exemple. Nous allons aussi travailler sur l'aspect découverte du monde des entreprises, pour les enfants en classe de 4e. Nous voulons leur faire découvrir des métiers intéressants avant qu'ils n'aient une vision trop déformée du monde du travail. Nous allons donc organiser, avec les établissements Marc-Seguin, Fauriel et Jules-Valles, le "Rallye des collèges". Par petits groupes, ils visiteront plusieurs entreprises sur une journée. La première édition aura lieu le 14 novembre prochain.
Vous espérez que la parole du chef d'entreprise soit plus écoutée que celle du prof ?
Exactement ! Nous comptons beaucoup sur l'effet miroir. Un certain nombre de nos adhérents étaient dans une situation d'échec scolaire et puis, grâce à une main tendue, ils ont su rebondir. On se dit que c'est valorisant pour un jeune de voir un chef d'entreprise s'intéresser à lui, il peut y avoir un déclic. C'est pour cela que nous allons nous intéresser de très près aux jeunes décrocheurs que vont nous signaler l'Éducation nationale ou les missions locales.
Est-ce vraiment le rôle d'un syndicat patronal ?
La CGPME porte de vraies valeurs. Nous en avons parlé avec nos adhérents, nous avons ressenti une véritable envie de s'impliquer dans un projet sociétal plus large que le syndicalisme habituel. Et puis, nous découvrirons peut-être des pépites en gestation pour nos entreprises !
La CGPME Loire a décidé de s'intéresser aux jeunes et de les accompagner vers le monde de l'entreprise. Ce projet se concrétise, mi-novembre, avec le premier rallye des collèges.