Céréales : Vivre au rythme des fluctuations des marchés
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Céréales : Vivre au rythme des fluctuations des marchés

Le Grand Port Maritime de Rouen n'a pas dérogé à la tradition en organisant en mai sa 25e Journée Céréales. L'occasion d'un retour sur deux années de fluctuations débridées sur les marchés.

«La nature des marchés agricoles, c'est de demeurer instables et volatiles!» La sentence est signée Philippe Chalmin, professeur à l'Université Paris Dauphine, économiste spécialiste des matières premières et animateur de la 25e édition de la Journée Céréales du Port de Rouen. «Cette volatilité, explique l'expert, est au croisement de plusieurs problématiques: la disponibilité des terres, la capacité des plantes à répondre aux défis alimentaires et aux inquiétudes de la société, la question des débouchés énergétiques des céréales et les marchés!», bien sûr. Au final, Philippe Chalmin décrit «une situation inquiétante» où les prix retrouvent des niveaux oubliés depuis le début du siècle, et où l'incertitude politique et monétaire s'ajoute au poids toujours plus pesant de nouveaux concurrents.





«Jusqu'en juillet2008, les cours des matières premières ont été multipliés par sept», note l'économiste. Avant de s'effondrer puis de rebondir de nouveau en 2009. Un rebond largement imputable «aux pays émergents» dont la Chine, devenu le premier marché automobile mondial et le deuxième importateur mondial de pétrole. Et les produits agricoles n'ont pas échappé à la règle. Résultat des courses: «en janvier2010, jamais votre petit-déjeuner ne vous a coûté aussi cher!», lâche Philippe Chalmin qui pointe «le jus d'orange congelé, le cacao, le thé...» et le sucre, «la star de 2009» dont les prix ont flambé pour retrouver leur cours de 1980.




Des hedge funds suiveurs de tendances?

Une voie marquée par l'instabilité que semblent emprunter tous les marchés, blé, maïs et soja en tête et sur lesquels pèse la question du rôle des fonds d'investissement. Un rôle pas si évident que cela à déterminer selon Frédéric Lasserre, responsable recherche matières premières à la Société Générale qui évoque «des hedge funds suiveurs de tendances à 80% qui ne font pas l'évolution des prix». Faut-il alors chercher du côté des agro-carburants? Bernard Chaud (Tereos) n'y croit guère. «Les arbitrages se font en fonction des cours des marchés», plus qu'ils ne les déterminent? Ils seraient mêmes «un outil de réduction des déséquilibres des marchés».



G.D.

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