Cecab : L'inéluctable vente de Gad
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Cecab : L'inéluctable vente de Gad

Porc Il s'agit du dossier du moment pour l'agroalimentaire breton. En mettant en vente le spécialiste en viande de porc Gad, le groupe coopératif morbihannais Cecab a éveillé l'appétit de plusieurs opérateurs régionaux.

À peine racheté, déjà en vente. Le groupe coopératif Cecab basé à Theix près de Vannes, est déjà en quête d'un repreneur pour Gad alors qu'il en avait pris le contrôle total en janvier2011. Passant de 34% à 64 % du capital (sa filiale Prestor possède le reliquat). Groupe industriel spécialisé dans la viande de porc, Gad est un verrat ventru: 2.500 salariés et environ 700millions d'euros de chiffre d'affaires. Tandis que la Cecab négocie avec différents candidats en lien avec le Ciri, le Comité interministériel de restructuration industrielle, certains acteurs du marché tentent d'intoxiquer le dossier. Et ce en fonction de leurs intérêts bien sentis, n'hésitant pas à faire galoper les rumeurs. Dernier bruit de couloir éventé en date: l'arrivée en lice de l'abatteur danois Danish Crow. La piste d'un racheteur étranger écartée, deux hypothèses se profilent aujourd'hui: la vente par appartements ou en bloc. Dernière solution qui a les faveurs de l'actionnaire actuel. La Cecab veut en effet préserver les volets coopératifs et sociaux. «Nous sommes en face de dossiers très lourds, en tant qu'actionnaire, on ne peut pas accepter de fermer à la légère un abattoir qui emploie 800 à 1.000 personnes», remarque un porte-parole du groupe Cecab. Reste que le marché de la viande de porc, même s'il reprend des couleurs ces jours-ci, a beaucoup souffert ces dernières années. «C'est un produit qui manque de valeur ajoutée», remarque un professionnel du secteur. «Le gros des volumes est constitué par le porc standard. Contrairement à la viande de boeuf qui a su paradoxalement tirer parti du marasme autour de la vache folle en développant le label Viande bovine française.»




Déjà 30% de porc pour Bigard

Dans le cas d'une cession d'un seul tenant, Bigard s'imposerait comme favori. Avec 4,5milliards d'euros de chiffres d'affaires et 18.500 collaborateurs depuis le rachat de Socopa, l'industriel finistérien affichait sur le dernier exercice connu 159.000 tonnes de porc abattues chaque année. Un segment qui pèse 30% de sa production. Et arrive en deuxième position derrière le boeuf. Bigard a les moyens et l'ossature nécessaires pour acquérir Gad. En aura-t-il l'envie? Déjà premier transformateur de viande privé en France, il devrait en effet céder des usines pour satisfaire l'autorité de la concurrence. Or c'est précisemment une exigence à laquelle Bigard vient déjà de se soumettre : outre la récente vente de la marque Valtéro à Monfort Viandes (Le Faouët) , le rachat de Socopa l'a ainsi contraint à lâcher des usines à Terrena. Comme le rappelle un observateur du secteur viande, «avec Gad, Bigard deviendrait très largement nº1 sur la viande de porcdevant la Cooperl». Avec plus de 400.000 tonnes au total contre 258.750 tonnes de capacité d'abattage pour la Cooperl.




Différentes combinaisons

Dans l'hypothèse d'une vente par pans, plusieurs combinaisons sont possibles. Avec des morceaux qui intéressent plus ou moins les connaisseurs. Gad est en effet structuré en quatre pôles: viande de porc, charcuterie traiteur, négoce international, multi-viandes. L'activité d'abattage de viande de porc regroupe quatre abattoirs, à Lampaul (Finistère), Josselin (Morbihan), Saint-Nazaire et Saint-Hilaire-de-Clisson (Loire-Atlantique). Bigard pourrait très bien s'intéresser uniquement aux outils de découpe tandis que la Cooperl mettrait une option sur Aubret, l'activité salaisons. Encore la Cooperl devra-t-elle avoir suffisamment reconstitué sa trésorerie. «Ils ont racheté il y a deux ans les salaisons Brocéliande», rappelle un professionnel.




Intermarché dans la boucle

Quant à Intermarché, à travers SVA-Jean Rozé, basé à Vitré en Ille-et-Vilaine, le groupe a lui aussi manifesté son intérêt pour une partie du groupe Gad. Avec de tels outils pour la découpe de porc, le pôle industriel des Mousquetaires, déjà bien pourvu en viande de boeuf et en salaisons, complèterait avantageusement son offre en marques de distributeur. Intermarché a d'ailleurs tout récemment racheté l'usine de Plumelin de Duc, volaillier dont la Cecab est actionnaire. La cession de ses activités volaille serait d'ailleurs la prochaine étape pour la Cecab, qui pourrait à terme se recentrer sur les légumes.

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