À deux territoires, deux élections bien différentes. Si l'accès d'Emmanuel Thaunier à la présidence de la Chambre de commerce et d'industrie territoriale (CCIT) Rennes Bretagne ne fut qu'une formalité - grâce à un bon travail de préparation de son prédécesseur Guy Canu- celle de Youenn Le Boulc'h, à Saint-Malo, a connu... quelques vagues. Désormais réunies au sein d'une même chambre, Fougères et Saint-Malo se devaient de faire équipe. Y compris au sein du bureau. Et depuis quelques mois, la messe semblait dite. Trois représentants fougerais et six Malouins. Poids des ressortissants oblige. Mais voilà, le mois dernier, alors que Youenn Le Boulc'h est élu président de la nouvelle CCI Saint-Malo Fougères, ce dernier décide de changer les règles du jeu. Et seulement trois jours avant l'AG constitutive si l'on en croit les Fougerais.
Changement de règles
Exit la représentativité selon le poids des ressortissants. Le calcul est désormais basé sur le poids économique. En intégrant son port et son aéroport, Saint-Malo écrase évidemment tout. La cité corsaire représente désormais 78% du poids économique total des deux territoires, fait valoir Youenn Le Boulc'h. Conclusion: les Fougerais n'ont plus droit qu'à deux places au sein du bureau. Un passage en force qui ne fut pas du goût de Michel Desroziers, président de la délégation de Fougères et élu vice-président de la chambre. Lors de l'AG à Saint-Malo, le directeur général de Sadex Embrayages parle alors de «diktat» et de «tromperie». Des mots volontairement forts qui font mouche. S'il tente d'expliquer ce revirement de dernière minute - avec plus ou moins de réussite - Youenn Le Boulc'h se rend compte qu'il est peut-être allé trop loin. Les Fougerais sont piqués au vif. Et au sein de sa propre équipe malouine, des crispations se font également sentir. Fin janvier, lors des voeux à la CCI de Fougères, le président malouin recolle donc les morceaux. En passant le bureau à dix membres, trois places sont désormais réservées aux Fougerais.
«Nuit de noce difficile»
«C'est ce qu'on voulait au départ. Si ça avait été fait au premier jet, ça aurait été idéal. Mais Paris ne s'est pas fait en un jour», philosophe Michel Desroziers. Et pour un bon mariage, «il faut passer parfois par une nuit de noce difficile», conclut le vice-président. «Nous faisons tous partie intégrante de la même CCIT. Tout est bien qui finit bien», souligne à son tour Youenn Le Boulc'h.
Chambres territoriales À Rennes, l'élection d'Emmanuel Thaunier s'est déroulée comme prévu. À Saint-Malo Fougères, ce fut plus difficile.