Cari : Georges Dao remercié par Fayat

Cari : Georges Dao remercié par Fayat





Coup de théâtre dans l'écosystème industriel azuréen. Le groupe bordelais Fayat, qui a signé le rachat définitif de Cari le 27janvier dernier, avait promis le siège de président du CA à Georges Dao, leader historique de l'entreprise de BTP. Mais suite au conseil d'administration du 8mars, le repreneur a éjecté le sexagénaire. Sa réaction.


L'une des raisons de votre évincement est celle des intempéries qui ont freiné l'activité. Cet argument conjoncturel est-il crédible?

En janvier nous avons eu 15 jours d'intempéries, qui ont entraîné une baisse du chiffre d'affaires de 40%. Et au moment d'une reprise d'entreprise, si tout ne va pas bien, ça participe au débat. Mais ça n'a pas été le seul élément.


Quels sont les autres arguments?

Principalement le souhait de Fayat de recentrer la direction, privilégier un seul pouvoir. Il était prévu que je reste président pendant trois ans, mais je me doutais que ce serait difficile et que ça ne durerait pas si longtemps. Finalement nous avons partagé le pouvoir un mois et demi après l'achat réel.


Votre mise à l'écart était-elle préméditée? La vivez-vous comme une trahison?

Non, ça n'a pas été fait dans un esprit de trahison. Dans une entreprise il y a plusieurs personnes, avec des avis divergents. Les avis changent, je l'avais senti entre le protocole et la vente définitive.


Regrettez-vous la vente?

Non, c'est une bonne chose d'avoir intégré un groupe avec une assise financière solide, surtout en 2010. C'est une année que personne ne prévoyait si difficile.


Votre départ aura un impact négatif sur l'image de Fayat?

Basé à Bordeaux, Fayat n'a pas une perception très locale des choses. Mais j'espère pour Cari que mon départ ne lui portera pas préjudice car je suis très attaché à l'entreprise.


Le management de Cari va-t-il changer? Le craignez-vous pour vos ex-salariés?

Je ne sais pas, il faudrait le demander à Fayat. Mais avec un chiffre d'affaires plus bas en 2010, il va falloir s'adapter à la conjoncture.


C'est plus facile pour vous, de quitter avant que l'on ne serre la vis?

Quand on est chef d'entreprise, on sait prendre les décisions. Les difficiles ne m'ont jamais fait peur. Je ne juge pas en fonction de la facilité.


Quels liens gardez-vous avec Cari?

Je n'ai plus de fonctions au sein de Cari mais le président actuel peut m'appeler quand il le veut. Nos relations sont bonnes, et je souhaite avant tout que Cari réussisse. D'autre part, je vais continuer à m'investir au sein des instances pour le développement économique du département, comme Alliance 3D06.


Un message à faire passer à vos salariés?

Je leur dirais que dans les périodes difficiles, il faut être solidaires. Ils ont une nouvelle direction, il faut faire corps avec elle et se préparer pour 2011. .