Cargo : La relance du béret made in France
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Cargo : La relance du béret made in France

Textile Avec la reprise de la société Béatex, installée à Oloron-Sainte-Marie dans les Pyrénées-Atlantiques, le groupe Cargo entend relancer la production du béret français.

Repris officiellement cet été par le groupe Cargo, Béatex a retrouvé son nom historique, Laulhère. «Il était important de passer à autre chose en interne (pour les salariés, les fournisseurs, etc.). Datant du 19e siècle, cette société bénéficie d'un savoir-faire historique. Il fallait donc s'appuyer sur son passé, notamment à travers son nom», explique Jean-Philippe Fremont, nouveau dirigeant de l'entreprise de bérets et également P-dg de Promodis (autre filiale du groupe Cargo, ndlr). En reprenant la société béarnaise, la holding Cargo se développe dans le textile made in France: «Béatex était un fournisseur important de Promodis avec 30.000bérets commandos en 2011. La société ayant déjà rencontré des difficultés en 2008, il était nécessaire de chercher à fidéliser la relation avec Promodis d'une façon ou d'une autre, poursuit Jean-Philippe Fremont. Cela a motivé l'étude du dossier par Cargo.» Si «le travail est important afin que Laulhère soit à l'équilibre», le potentiel est visiblement grand pour la holding. Ainsi, «Laulhère est la tête de pont du fabriqué français et de la maîtrise du process de production, souligne son P-dg. D'autres reprises peuvent être envisagées sur ce principe.» En parallèle du béret militaire et paramilitaire, Béatex se positionnait sur deux autres secteurs: le béret homme traditionnel et la mode avec la chapellerie. «Le savoir-faire de l'entreprise ouvre des perspectives internationales très intéressantes dans le textile. C'est un produit pour tous et déjà haut de gamme avec son savoir-faire totalement français», ajoute le P-dg avant d'insister sur la technique de fabrication employée sur le site d'Oloron-Sainte-Marie: «À part le tricotage qui est mécanique, tout le reste est manuel. En Europe, seuls deux-trois acteurs maîtrisent totalement la production.»




Plus d'un million investi

La holding a prévu d'engager 1,25million d'euros sur deux ans, dont 750.000euros ont déjà été investis: «250.000euros en capital social et le reste afin de faire fonctionner l'entreprise, racheter des matières premières, améliorer les machines, etc.», précise le P-dg. L'objectif pour l'entreprise qui compte actuellement 34salariés est d'augmenter ses parts de marché en France et se développer à l'export. «En 2011, la société a réalisé 1,6million d'euros. Auparavant elle avait atteint jusqu'à 2,5millions d'euros. Le but à court terme est de revenir au chiffre de 2011 puis dépasser les 2millions d'euros, avec l'aide des clients historiques.» Parmi eux, l'armée française et le paramilitaire (dont Promodis et ses sociétés concurrentes) pour le béret commando et notamment les chapelleries pour le béret traditionnel et les chapeaux en laine bouillie. «Il existe en France entre 130 et 150 chapelleries. Lors de la reprise, nous avons envoyé un courrier afin de les informer. Nous avons reçu beaucoup de réponses nous soutenant. Cela est très encourageant car il y a du boulot!», détaille Jean-Philippe Fremont.




Prochaine échéance:le salon du prêt-à-porter

Autre enjeu pour la marque Laulhère: «travailler avec le luxe français. La société faisait partie de cette cour dans le passé. Il faut la réintégrer», annonce son P-dg. Le secteur de la mode, historiquement le plus novateur pour l'entreprise, se divise en deux activités: le travail à façon pour de grandes marques et une collection en propre. «Nous travaillons dès maintenant sur une nouvelle collection composée de modèles historiques et de nouveautés. Notre objectif est d'être prêt pour le salon du prêt-à-porter en janvier à Paris. Ce sera notre grand retour.» À quand Arnaud Montebourg coiffé d'un béret Laulhère ?

Groupe Cargo



(Toulouse) Président: Aimery Forzy CA cumulé 2011: 210M€ 1.300 salariés 05 34 55 45 65

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