Cambrai : Hainaut-Plast Industry investit 9 millions d'euros pour une filière de recyclage du plastique PVB
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Cambrai : Hainaut-Plast Industry investit 9 millions d'euros pour une filière de recyclage du plastique PVB

En fondant la société Hainaut-Plast Industry à Cambrai, David Pate ambitionne de mettre en place une filière de recyclage du PVB en fin de vie. Son usine emploiera 21 salariés en juin 2016, pour un chiffre d'affaires de 4 à 7 M€ à la fin de cette même année.

— Photo : ESL, le JDE

Installée dans un hangar de près de 5.000 m² sur un ancien site industriel de Cambrai, la jeune société Hainaut-Plast Industry (HPI) investit 9 millions d'euros pour créer une filière de recyclage du PVB (polyvinyle de butyral) en fin de vie. Il s'agit d'un film plastique que l'on trouve entre deux plaques de verre, par exemple dans les pare-brise ou les verres antieffraction. Jusqu'à présent le PVB en fin de vie partait en décharge ou en incinérateur. « Il n'y a pas d'activité similaire à la nôtre en Europe », affirme David Pate, le fondateur et dirigeant de HPI. Il précise : « Nous sommes les seuls à le faire du début à la fin, c'est-à-dire de la collecte au produit fini, le tout en un seul lieu.»

6,5 millions d'euros pour des machines

« Je dirigeais auparavant une société de recyclage de verre, que j'ai revendue, c'est comme ça que je me suis intéressé au PVB » explique David Pate. HPI a vu le jour en juillet 2013 et dès janvier 2014 un ingénieur plasturgiste, Bruno Gautier, l'a rejoint dans ce projet ; il est à présent directeur du développement. Parmi l'enveloppe globale de 9 M€, 6,5 M€ ont été consacrés à l'acquisition de machines, dont près d'un tiers est déjà en place. Pour le moment, les équipements présents sur le site permettent d'épurer le PVB. Il s'agit de le séparer des autres éléments comme le verre ou des métaux par exemple. La machine qui réalise cette opération est en phase de test. Une autre la rejoindra fin novembre : elle permettra l'extrusion du PVB et l'ajout d'additifs afin de conférer différentes qualités au produit fini, qui se présente sous la forme de granulés.

Vers l'automobile et le BTP

Hainaut-Plast Industry est dans une phase de démarches commerciales actives. Le PVB doit trouver ses clients et les cibles visées sont essentiellement les industriels de l'automobile (surtout les équipementiers) et ceux du BTP, situés dans un rayon de 600 km en France ou à l'étranger (Belgique, Allemagne, etc.). Les granulés serviront par exemple à fabriquer des supports de moquette. Et cette matière recyclée a toutes les chances de trouver sa place sur le marché selon David Pate : « Le PVB peut être jusqu'à 30 % moins cher que d'autres plastiques et sur certaines problématiques, sa performance mécanique peut faire la différence ». Le PVB étant un déchet sans valeur, HPI n'assume donc que des coûts logistiques pour se le procurer. Là encore, il se fournit dans un rayon de 600 km autour de Cambrai : France, Angleterre, Allemagne, Benelux et par la suite, grâce au noeud intermodal de Valenciennes, auprès de l'Espagne, de l'Italie et du Portugal.

Une vingtaine d'emplois

La production doit démarrer en fin d'année. Si la capacité des équipements est de 60 tonnes par jour, le dirigeant vise pour le moment les 50 tonnes quotidiennes en juin 2016. « Nous avons une capacité de travail 6 jours sur 7, en 3X8 », indique David Pate. Celui-ci table sur un chiffre d'affaires de 4 à 7 M€ en 2016, avec une arrivée à l'équilibre fin 2016. HPI est en cours de recrutement et comptera une petite quinzaine de salariés en 2015 puis 21 en juin 2016, tous en CDI.

Quand on l'interroge sur ses perspectives de développement, David Pate se montre plutôt prudent. Il évoque une extension de l'usine de Cambrai, qui pourrait passer d'une capacité de production de 15.000 à 20.000 tonnes par an, portant l'effectif à 27 salariés. Ces 5.000 nouvelles tonnes seraient consacrées à des productions spécifiques, en lien avec le service R&D, sur des petites séries. Par la suite, le dirigeant pourrait dupliquer cette usine sur deux autres sites à potentiel en Europe, sachant que le siège social et le service R&D resteraient à Cambrai.

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