Business plan: privilégiez concision et réalisme
# Conjoncture

Business plan: privilégiez concision et réalisme

Si la forme a son importance, rien ne sert de rédiger son business plan comme une encyclopédie. Les professionnels des chiffres préfèrent la clarté.

Tous les experts contactés le clament haut et fort: inutile d'élaborer des business plans en forme de pensum de 250 pages bourrées de graphiques et données chiffrées, des usines à gaz. Banquiers et investisseurs préfèrent les dossiers concis, clairs, crédibles. «La notion de crédit implique que les gens doivent croire au projet. Il faut donc leur offrir un business plan qui tienne la route. Les documents doivent être simples, clairs, précis et compréhensibles», soutient Frédéric Cameo Ponz, président national du réseau des boutiques de gestion (BGE). Réseau qui a vu passer l'an dernier 80.000 porteurs de projet avec 17.500 créations à la clef. Ce dernier souligne que le premier chargé d'affaires rencontré dans une banque a rarement le pouvoir de décision et qu'il devra lui-même expliquer le projet à sa hiérarchie! Autant donc faire simple.




Du concret, rien que du concret

Première règle: décrire précisément le marché, détailler une offre de produit ou de service construite, exposer le modèle de développement commercial, justifier le chiffre d'affaires visé et démontrer la rentabilité du projet... condition sine qua non. Le dossier comportera aussi des éléments sur le parcours professionnel du candidat, sur ses compétences mais aussi sur sa situation personnelle et patrimoniale. Des extraits de comptes sont les bienvenus ainsi que des éléments sur les données juridiques et financières du projet: devis, projets de bail et de statuts, associés, etc. Bref, du concret, rien que du concret. En matière de chiffres, les porteurs de projets, s'ils n'abandonnent pas purement et simplement cette partie à leur expert-comptable, ont parfois tendance à vouloir présenter des plans de financement et des tableaux de bord prévisionnels techniquement parfaits... mais sans toujours en maîtriser le contenu.




Partir de sa gestion perso avant l'expert-comptable

D'où cette suggestion de Sophie Gras, directrice du Réseau Entreprendre Aquitaine: «chacun a l'expérience de la gestion de son économie personnelle. Pourquoi, même sans formation à la comptabilité, ne pas partir de cet exemple avant d'aller voir son expert-comptable, passage évidemment obligatoire. Comme cela, au moins, le porteur de projet sait de quoi il parle. Il maîtrisera ses chiffres et ne prendra pas le risque de se faire faussement sécuriser!»




«La dimension commerciale: le vrai problème»

Le business plan et le plan de financement correspondant sont un exercice incontournable même si la plupart des dirigeants constatent qu'à cinq ans, leur entreprise a évolué tout à fait différemment. Reste que l'entreprise ne se résume pas aux chiffres. «Le vrai problème, c'est la dimension commerciale car c'est cela qui fait bouillir la marmite», plaide Jean-Paul Debeuret, créateur de la Caravane des entrepreneurs et d'un service de web TV de formation gratuit.

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