Bretagne Laser : L'Europe d'une rive à l'autre
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Bretagne Laser : L'Europe d'une rive à l'autre

Découpe Laser Deux nouvelles machines d'un bout à l'autre de l'Europe. Tel est le programme de Bretagne Laser à Guer qui développe carrément une filiale roumaine. Sans afficher pour autant une volonté de délocaliser.

De nouvelles machines imminentes. Elles doivent arriver début janvier chez Bretagne Laser, spécialiste de la découpe, du pliage et de la soudure laser basé à Guer. Il s'agira d'une machine de découpe de marque allemande Trumpf ainsi que d'un centre de découpe laser. Montant de l'investissement? 650.000euros. Le dirigeant Stéphane Jan souligne que «ces machines nous permettront d'être plus réactifs par rapport aux demandes de nos clients.»




Marchés tendus en France

Près de 700 commanditaires, industriels, sous-traitants ou concepteurs de machines, dont les besoins en pièces métalliques sont de plus en plus difficiles à satisfaire. «Les affaires sont tenduesen France», constate Stéphane Jan, qui a co-fondé l'entreprise en 1996 avec son frère Cyrille. «Avec de moins en moins de visibilité sur les délais. Nous devons être dans les clous dès le départ et livrer dans la foulée, la dimension services prend de plus en plus de place.» 2009 a été une année qualifiée de «catastrophique» par Stéphane Jan, avec près de 40% de chiffre d'affaires en moins. «Il a fallu se resserrer, se séparer de collaborateurs, cinq personnes sont parties. Ce n'est pas facile de réaliser un entretien d'embauche, cela l'est encore moins pour un licenciement.»




Relais de croissance roumain

Mais Bretagne Laser semble avoir trouvé un bon relais de croissance en Roumanie, où une filiale de droit local, Eurolaser, a été ouverte en 2005. Le site de Bucarest aura d'ailleurs lui aussi droit à sa nouvelle machine en janvier. Il est dirigé par un Moldave, Andrei Scobioala. Depuis sa création, les frères Jan y ont investi plus de 2,5millions d'euros. Avec parfois des désillusions, des doutes, des envies de renoncer face à un chantier qui s'annonçait pharaonique.




Des friches comme Ploërmel

«En France, pour acheter un terrain, c'est le parcours du combattant», commente Stéphane Jan. «Là-bas, c'est pire. Avant de trouver ce qui nous convenait, nous avons visité des friches industrielles grandes comme la ville de Ploërmel. En Roumanie, après la révolution, toutes les terres avaient été redistribuées. Cela a été très compliqué de négocier avec les propriétaires de chacune des parcelles constituant nos deux hectares de terrain. Sans parler de l'obtention du permis de construire. Il a aussi fallu faire face aux craintes de nos collaborateurs.»





Mais le jeu en valait la chandelle: spécialisé dans les grandes séries, Eurolaser emploie désormais «15 personnes avec près de 2,5millions d'euros de chiffre d'affaires prévus en 2012», selon Stéphane Jan. Une fois par mois, le dirigeant, de profil commercial et son frère, plus technique, se relaient pour passer une semaine à Eurolaser. «Je pars à 7h du matin, à 14h30, je suis là-bas», détaille le gérant. «Je mets ensuite une demi-heure pour rallier notre site depuis l'aéroport.»




Tradition métallurgique

Autonome en termes d'approvisionnement, la filiale a de larges pans de marché à explorer depuis sa base arrière de Bucarest (2,5millions d'habitants) dans le Sud-Est du pays. Ce pays très francophone s'appuie sur une tradition métallurgique et sidérurgique prononcée. De grands constructeurs comme Renault, à travers Dacia, et Peugeot occupent d'ailleurs le terrain. Mais Stéphane Jan, lui, n'affiche pas de volonté de délocaliser sa production. «Nous y sommes allés pour réaliser de la conquête de marché et pour asseoir la production de Bretagne Laser en Bretagne», formule le dirigeant.

Bretagne Laser



(Guer) Co-gérants: Stéphane et Cyrille Jan. Effectif: 22 personnes Chiffre d'affaires 2010: 3,8millions d'euros Tél.: 02 97 22 14 21.

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