Bouches-du-Rhône : Pourquoi les entreprises atterrissent au Technocentre des Florides

Bouches-du-Rhône : Pourquoi les entreprises atterrissent au Technocentre des Florides

Après des débuts difficiles en 2009, le Technoparc des Florides à Marignane a finalement pris son envol attirant des sous-traitants de l’aéronautique du sud-ouest de la France et des groupes étrangers. Asquini MPG, Finaero et SuperOx, ces nouveaux venus sur le territoire révèlent leurs projets.

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Notre vocation consiste à réussir le décloisonnement des filières et travailler sur les matériaux spécifiques, d’étudier leur durée de vie. L’énergie, l’aéronautique, l’industrie navale ont un intérêt commun à travailler ensemble », explique Stéphane Magana, directeur de Team Henri-Fabre (*). L’association créée en 2015, qui fédère partenaires publics et privés, porte le projet. Travaillant main dans la main avec l’agence Provence Promotion, ils ont pour mission d’attirer les entreprises sur le territoire. « Nous avons accueilli 14 sociétés sur Henri-Fabre représentant 300 emplois », fait valoir Philippe Stéfanini, directeur général de Provence Promotion.




Le Russe SuperOx fait de Marignane sa base européenne



Henri-Fabre capte désormais des entreprises étrangères. Dernière en date, SuperOx. Cette société russe fondée en 2006 est l’un des rares spécialistes mondiaux de la supraconduction (une technologie qui évite les blackout). Le groupe a signé avec Airbus pour équiper en câbles l’E-Fan 100 prévu pour 2030. «
Aucune société européenne ne maîtrise la supraconduction. Nous avons donc réfléchi à la création d’une filiale. Nous avons songé à Pau mais au terme d’un mapping complet nous avons vu des opportunités dans le sud avec le CEA Tech, Airbus et Team Henri-Fabre », explique Cédric Etlicher, conseiller pour le développement en Union européenne de SuperOx. La société en cours de création devrait compter trois collaborateurs à Marignane avant la fin de l’année.






En quête de diversification



Parfois la résistance à du bon ! La société toulousaine Asquini MGP (Nexteam Group), fabricant de pièces de mécanique de précision et sous-traitant d’Airbus Helicopters avait débauché en 2011 l’un de ses cadres pour venir étoffer son bureau d’études. «
Cédric Lopez a refusé de s’installer à Marmande, nous nous sommes résignés à ouvrir un bureau d’études dans le sud-est. Après avoir loué à Vitrolles, nous avons rejoins la zone de Marignane puisque nous avons ajouté des services de proximité. Le Technocentre est le lieu idéal pour créer des synergies. Nous avons développé l’activité sur place et recruté six personnes. Nous créons de la proximité avec les clients (Airbus, le CEA, DCNS) en assurant le contrôle des livraisons et l’interface technique », explique Ludovic Asquini, président du groupe Asquini MGP. L’entreprise qui compte un deuxième bureau d’études à Bordeaux possède des sites de production dans le Sud-Ouest de la France (Rodèze, Olemps, Marmande, Toulouse), en Roumanie et en Pologne.




STTS au capital d’Expiris



Pour son dirigeant Marignane constitue un point de convergence et permet d’avancer dans la diversification. Asquini MGP emploie 160 personnes et réalise 40 M€ de chiffre d’affaires dont la moitié générée par les activités pour Airbus.

Un autre sous-traitant de l’aéronautique a atterri à Marignane. Le groupe Finaero, spécialiste toulousain de l’assemblage de harnais, se spécialise dans le traitement de surface avec sa filiale STTS.

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La tentation était très forte de développer une activité sur place. Sans le projet de Team Henri-Fabre nous ne serions jamais venus. Nous avons décidé de localiser notre R&D ici », explique Christophe Cador, gérant de STTS. Fin 2015, l’entreprise a pris des parts, aux côtés de Gaches Chimie, au capital de la société Expiris. Présente à Marignane, Toulon et Brest, Expiris est spécialisée dans le contrôle, la caractérisation et l’expertise dans le domaine de la peinture. 15 personnes travaillent au sein du Technocentre Henri-Fabre. «
Nous avons désormais envie de partager les projets innovants avec des donneurs d’ordre d’autres filières », explique Christophe Cador qui réalise 75% de son chiffre d’affaires dans l’aéronautique.



(*) Technologies & Expertise in Advanced Manufacturing.