Comment se porte la filière Blue Cluster, qui se dédie à la valorisation des bio ressources marines?
Florence Hallouin: Elle est en pleine croissance. Il y a un an, elle reposait sur 25 PME et sur une dizaine de laboratoires de recherche. Aujourd'hui, Blue Cluster rassemble deux fois plus de PME et trois fois plus de laboratoires. La zone du pôle a d'ailleurs été étendue: à l'origine axée autour de Saint-Nazaire, Nantes et Angers, elle a été étendue à la Charente-Maritime, et notamment au bassin économique de LaRochelle.
Née dans une logique de regroupement, cette filière pourrait-elle franchir prochainement u
n nouveau cap? Jean-François Balduchi: Blue Cluster pourrait devenir un pôle de compétitivité dès cette année. Le gouvernement a en effet lancé l'an passé un appel à candidatures pour sélectionner un petit nombre de nouveaux pôles de compétitivités liés aux éco-technologies, et Blue Cluster y a postulé. Nous sommes en phase d'attente des résultats, qui devraient tomber au printemps.
Concrètement, qu'est ce que cela changera pour la filière?
J.-F. B.: Cela contribuera à faire émerger Blue Cluster sur la carte, à offrir à la filière une nouvelle reconnaissance et à aider ses entreprises et ses laboratoires à capter des fonds accordés par le ministère de l'Industrie dans le cadre d'appels à projets, ce qui est aujourd'hui impossible avec le simple statut de cluster. Ceci va également nous aider à défendre les compétences locales face à d'éventuels prédateurs. Certains viennent en effet taper à la porte de nos laboratoires et de nos entreprises, dont les compétences sont désormais identifiées, afin de leur proposer des investissements, mais en mettant parfois dans la balance une délocalisation des compétences vers d'autres territoires. Enfin, la transformation en pôle devrait faciliter les collaborations avec d'autres structures similaires, comme le pôle Mer Bretagne.
Quelles sont les réactions des industriels à ce projet?
F.H.: Pour le soutenir, nous avons sollicité des marques d'intérêts auprès de grands noms industriels. 31 sont arrivées en un temps record, que cela soit en provenance de Sanofi Aventis pour la pharmaceutique, de Shisheido et de LVMH pour la cosmétique, de Fleury Michon et de Terrena pour l'agroalimentaire, du grand Port Maritime de Nantes pour l'environnement, et même d'acteurs comme Total ou Airbus, qui souhaitent utiliser les ressources marines pour créer des biocarburants.
Quelles sont les chances du succès de la candidature?
F.H.: Seul un nombre restreint de candidatures sera retenu. À ce que nous savons, de la vingtaine de postulants sur la ligne de départ, Blue Cluster est encore dans la course après une première phase de sélection.
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Née en 2008 dans l'estuaire autour de la valorisation des bio ressources marines, la filière Blue Cluster pourrait devenir cette année un pôle de compétitivité. Retour sur cette ascension avec Jean-François Balduchi, dg d'Atlanpole, et Florence Hallouin, responsable du cluster.