Biothermie : La graisse animale valorisée en biocombustible
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Biothermie : La graisse animale valorisée en biocombustible

À Vannes, Biothermie parie sur la portée économico-environnementale de la transformation de graisses animales en biocombustible.

Une valorisation énergétique en biocombustible à partir d'une collecte optimisée des huiles animales. Dans la lignée de ses compétences économico-environnementales, la société vannetaise Biothermie devrait voir son procédé homologué par l'Ademe d'ici à deux mois. Sur le marché énergétique de l'industrie agroalimentaire, c'est une révolution à «l'avantage concurrentiel certain» , notifie Alain Fleitour, président de Biothermie. Puisque «pour une tonne d'équivalent pétrole produite, la transformation en biocombustible induit un investissement trois fois moins élevé que la méthode de méthanisation». À partir de l'identification de la matière grasse «qui peut constituer de 44% à 94% de la matière première», Biothermie a mis au point un décanteur lamellaire statique qui, sur la base de la collecte de la graisse animale, permet d'extraire une huile de qualité. Qui est ensuite stockée puis transformée sur place par un procédé d'émulsion fine breveté au niveau européen. Avant d'être brûlée proprement en une chaudière «au rendement supérieur à 95%, sous une qualité de combustion comparable au gaz et nettement supérieure au fioul». Un travail scientifique en amont de plus de deux années a été fourni en collaboration gracieuse avec la plateforme technologique Prodiabio à Pontivy - Université de Bretagne Sud à Lorient- et l'Ensieta à Brest. «Les dépenses que nous avons consenties pour la mise en oeuvre du projet se chiffrent à 120.000€, à hauteur du financement en innovation d'Oséo.»




Un «cercle vertueu








«Au lieu de financer 180€ la tonne pour la collecte de déchets, une entreprise peut gagner jusqu'à 400€ par tonne de sous-produits valorisés en interne.» Sans compter «le cercle vertueux d'une économie de près de 30% sur la gestion de la station d'épuration», une limitation du même ordre des rejets à l'équarissage. Ainsi que la suppression de tout ou partie de la consommation en énergies fossiles et la baisse des facteurs de pollution. «Tout dépend du gisement originel», conclut Alain Fleitour. Après la légitimité expérimentale apportée par l'andouillerie l'Atelier de l'Argoat à Plélan-Le-Grand (35), ce sont aujourd'hui un abattoir et une salaisonnerie qui génère 1.500tonnes de sous-produits par an qui pourraient contribuer à faire grimper le chiffre d'affaires de Biothermie de 40.000€ en 2009 à plus de 100.000€ en 2010-2011.

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