Bretagne
Biom Innov ouvre son capital à des investisseurs privés via GwenneG
Bretagne # Agritech # Levée de fonds

Biom Innov ouvre son capital à des investisseurs privés via GwenneG

Biom Innov, start-up de biocontrôle installée à Saint-Malo, dont l’équipe compte six personnes selon GwenneG, sollicite 1,5 M€ auprès d’investisseurs privés. Cette collecte, proposée sur la plateforme GwenneG, constitue une partie du tour de table global de 2 M€ destiné à préparer l’approbation européenne de sa substance active.

— Photo : Mehul Patel / Pexels - Photo d'illustration.

Le cuivre reste le principal recours des viticulteurs contre le mildiou, mais son usage est de plus en plus encadré par la réglementation. Biom Innov développe un extrait végétal visant ce champignon ainsi que l’oïdium, avec l’objectif de remplacer des fongicides de synthèse.

Des fonds fléchés vers le dossier européen

Les souscriptions sont regroupées dans un véhicule dédié de GwenneG, plateforme rennaise de financement participatif. Ce véhicule assure la représentation des souscripteurs au board de Biom Innov. Le ticket minimum s’établit à 1 000 €. GwenneG prévient que le capital investi peut être perdu en tout ou partie et que les titres sont difficiles à revendre.

Le parcours réglementaire européen d’un produit phytosanitaire comporte deux étapes. La substance active est d’abord approuvée à l’échelle de l’Union, puis chaque pays autorise le produit. Selon GwenneG, la Grèce, désignée comme État membre rapporteur, doit recevoir en 2027 le dossier de substance active de Biom Innov. La start-up doit d’ici là terminer les études exigées.

Outre le dossier européen, la levée financera la recherche de nouveaux actifs. Celle-ci s’appuie sur la plateforme BioControl Explorer, développée avec UniLaSalle et l’École de Chimie de Rennes, qui a identifié quatre phytoactifs. Les fonds serviront enfin à renforcer l’équipe et à poursuivre les essais dans le sud de l’Europe.

Aude Bernardon-Méry, fondatrice et CEO de Biom Innov, souligne l’ampleur du travail réglementaire à venir : « La prochaine étape, c’est le dossier européen. C’est un travail long et exigeant, et c’est précisément ce que cette levée doit financer ».

Des produits testés, une piste sur le blé

Biom Innov a deux produits en développement réglementaire. BIV342 s’applique en pulvérisation sur la vigne, contre l’oïdium comme contre le mildiou. BIV446 sert au traitement des semences de tournesol contre le mildiou.

La start-up indique avoir testé son extrait lors de 37 essais menés en plein champ, chez des exploitants européens. Sur la vigne, elle revendique 70 à 80 % d’efficacité contre l’oïdium et le mildiou, un niveau qu’elle juge équivalent aux solutions conventionnelles. Le coût annoncé est de 25 à 40 € par hectare. Selon la société, les viticulteurs conservent leurs méthodes d’application et leurs modalités de stockage.

La start-up étend également ses recherches à la septoriose, présentée par GwenneG comme la principale maladie du blé tendre en France. Quatre extraits végétaux sont à l’étude, et la société fait état de premiers tests prometteurs. Un partenariat de recherche est en cours de finalisation, sans que le communiqué nomme l’acteur concerné.

Une société née au sein d’AgriLife Studio

Biom Innov a vu le jour le 14 janvier 2025 à Saint-Malo, selon le registre Sirene. Elle est issue du studio de start-up AgriLife Studio, spécialisé dans l’agritech. Aude Bernardon-Méry en assure la présidence.

L’équipe dirigeante compte aussi Guillaume Lefranc, directeur commercial, et Antoine Coutant, cofondateur d’AgriLife Studio, indique GwenneG dans son communiqué du 27 octobre.

D'après GwenneG, plusieurs industriels du secteur ont signé avec Biom Innov, en 2026, des accords de transfert de matériel. Trois d’entre eux testent déjà BIV342. En juin 2026, la start-up a inauguré avec UniLaSalle la chaire Biocontrol Explorer for plant health. Toujours selon la même source, les financements publics obtenus par la start-up atteignent 2,1 M€. Son brevet socle est étendu à 39 pays et exploité sous licence exclusive mondiale.

Bretagne # Agritech # Levée de fonds