Bilan 2011 : De l'espoir à l'incertitude
# Conjoncture

Bilan 2011 : De l'espoir à l'incertitude

Le début de l'année a pu donner l'illusion que la crise était passée. Mais l'irruption de la question des dettes souveraines remet tout en cause...

«Août a marqué un coup d'arrêt et l'industrie est en stagnation depuis la rentrée de septembre. Les services, eux, poursuivent une croissance qui pourrait être moins forte dans les mois à venir», résume Jean-François Chaudru, directeur régional de la Banque de France. Joël Chéritel, le président de l'Union des entreprises 35, note l'apparition «d'inquiétudes fortes» après un premier semestre «de bonne tenue, en progression par rapport à 2009/2010.»




Incertitudes des industriels

«On pensait à un redémarrage. En fait, on a eu des redémarrages ponctuels», estime pour sa part Jean-Paul Ayraud, pour l'Ordre régional des experts-comptables. Et d'observer un «attentisme lié à la crise», les entreprises redoutant des annulations de commandes et la frilosité des banques. Le début d'une nouvelle «crise de confiance.» Le secteur automobile autour de l'automobile avec PSA suscite de réelles interrogations. «Très peu de lisibilité», diagnostique Joël Chéritel. Le BTP semble aussi en position délicate, avec des trésoreries parfois exsangues. Plus globalement, Jean-François Chaudru pointe l'incertitude des industriels face à leurs carnets de commandes, tant en France que dans la zone euro. Mauvais signe: la Banque de France relève qu'à fin juillet, les encours sur les livrets d'épargne avaient augmenté de 10% par rapport à la même période 2010 contre 1 à 2% d'ordinaire, traduction d'une tendance à l'épargne de précaution. Elle constate aussi une augmentation du nombre de défaillances d'entreprises portant désormais sur des structures plus importantes. Le tribunal de commerce de Rennes semble moins affecté. Son président Michel Pécoul constate qu'au 30septembre, les chiffres étaient équivalents d'une période sur l'autre (432 contre 430), un niveau qui reste supérieur de 30% à l'avant-2008. «On ne peut pas dire à l'heure actuelle qu'on peut s'attendre à une aggravation. En revanche, nous constatons une poussée très forte des entretiens de prévention», précise-t-il.




Médiation du crédit en net recul

Quelques notes plus positives: la médiation du crédit en net recul avec seulement 18 dossiers au niveau régional fin septembre contre 120 en mars2009; un marché de l'emploi des cadres qui reste conforme aux prévisions haussières et, pour Jean-Paul Ayraud, «des créations d'entreprise qui ne diminuent pas.» Pour autant, Jean-François Chaudru estime que l'industrie devrait «présenter un encéphalogramme plat» d'ici aux élections du printemps

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