Bigarren Bizi : 2e vie pour les cartes électroniques
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Bigarren Bizi : 2e vie pour les cartes électroniques

Environnement Bigarren Bizi a mis au point un procédé propre pour recycler les cartes électroniques et en extraire les métaux. Une première unité de traitement est en place à Cadaujac. Stéphane Peys, son P-dg, souhaite dupliquer ce pilote et ouvrir sept usines en France d'ici à 2020.

L'Europe génère chaque année 500.000 tonnes de cartes électroniques obsolètes dont seulement 20 % sont recyclées « mais de façon peu écologique, précise Stéphane Peys le P-dg de Bigarren Bizi. Le reste est le plus souvent enfoui ou envoyé illégalement en Inde ou en Afrique. Ces cartes contiennent pourtant de nombreux métaux à forte valeur ajoutée comme l'or, l'argent, le cuivre, le tantale, les terres rares, qui ont une valeur équivalente à quelques milliards d'euros ! »




Un procédé innovant et écologique

Fort de ce constat de perte de valeur, Stéphane Peys travaille depuis 5 ans à la mise au point d'un procédé pour mieux valoriser ces déchets. Il y a deux ans, il a créé Bigarren Bizi (seconde vie en basque, NDLR) et déposé le brevet d'un procédé qui permet de broyer finement les constituants de ces cartes électroniques sans utilisation de produits chimiques et d'en extraire mécaniquement des matières premières secondaires comme les métaux mais aussi des polymères et d'autres sous produits réutilisables par d'autres industriels.




10 tonnes traitées par jour

Une unité de production pilote est implantée à Cadaujac depuis septembre. « En 2012 nous avons été lauréats de l'appel à projet européen Ecoinnovation, ce qui nous a permis de financer la R & D, - nous avons touché 850.000€ -, pour éprouver le concept, explique Stéphane Peys. Cette usine a une capacité de traitement de 10 tonnes par jour. Cela représente la production de déchets d'une région comme l'Aquitaine. Notre stratégie industrielle est donc de dupliquer de petites unités de traitement un peu partout en France, au plus proche des sources d'approvisionnement c'est-à-dire les centres de tri et de démantèlement des DEEE qui contiennent ces cartes. Nous sommes aussi en discussion avec les banques pour le recyclage des cartes bancaires, les datacenter, les industriels de l'aéronautique. Tous ces gens ont des obligations réglementaires de recycler ces déchets. » Le chef d'entreprise projette ainsi l'ouverture de sept usines en France à l'horizon 2020 et ambitionne un chiffre d'affaires de 100 millions d'euros !




Une activité très rentable

« C'est une activité très rentable car d'un côté nous achetons quasi gratuitement des cartes électroniques dont personne ne veut, et nous en extrayons des métaux qui, ces dernières années, ont vu leur prix flamber. Songez que le kilo de cuivre est à 5€ sur le London Métal Exchange et que nous en retirons 300 kg dans une tonne de cartes. Et je ne vous parle pas de l'or. » En attendant, Stéphane Peys qui emploie déjà 6 personnes à Cadaujac - un effectif qui devrait passer à une quinzaine en 2015 - table sur un chiffre d'affaires de 2,5 à 3 M€ la première année. À noter également que Bigarren Bizi a été lauréat en juillet du Concours mondial d'innovation.

Bigarren Bizi



(Cadaujac) P-dg : Stéphane Peys 06 23 98 69 33 @email

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