C'est une merveilleuse odeur de fruits sirupeux qui se dégage des ateliers de production de la société Bigallet installée dans le village de Virieu-sur-Bourbe dans le Nord-Isère. Depuis 1872, la famille Bigallet produit des sirops et liqueurs haut de gamme. Et ce n'est pas le rachat de la société par Giffard, en avril2010, qui va venir remettre en cause ce savoir-faire de tradition. L'ancien P-dg, Dominique Bigallet, est en effet parti à la retraite, tandis que son frère, Hubert, est toujours directeur de la production même s'il n'est plus actionnaire. «Le rachat reste une histoire de famille, assure Gérard Boiton, le directeur général adjoint, qui était directeur commercial chez Bigallet depuis sept ans. Car le neveu de Dominique Bigallet n'est autre que le frère de Bruno Giffard, l'actuel P-dg de la société éponyme! Il s'appelle Olivier Giffard et occupe désormais le poste de responsable financier chez Bigallet. Bref, on reste bien dans une société de type familial avec l'esprit qui va avec. Ce qui ne nous empêche pas d'investir et d'innover!»
260.000 € d'investissement
Le rachat a par exemple été l'occasion de changer de système informatique pour gérer la comptabilité, le personnel,etc. mais aussi la force commerciale. «Le nouveau système est aujourd'hui opérationnel, assure le directeur général. C'est un investissement d'environ 150.000 €». Bigallet a également acheté une nouvelle tireuse de sirop et une ligne d'étiquetage. La zone de stockage a également été réorganisée et aménagée pour gagner des références. Soit un investissement de 30.000 €. «À titre de comparaison, on investit en moyenne 120.000 € par an, alors qu'on a investi 190.000€ en 2010 et 260.000 € sont prévus en 2011.» C'est que l'entreprise ne veut pas s'endormir sur ses lauriers. Bigallet vient d'ailleurs de remporter deux médailles au salon de l'agriculture qui s'est déroulé en février à Paris: une médaille d'or pour sa sangria, dont il s'est vendu 100.000litres en 2010; et une médaille d'argent pour la crème de pamplemousse. D'autres nouveautés ont notamment été lancées à l'occasion du Salon international de la restauration à Lyon (Sirha). À l'instar du rosé pamplemousse qui espère bien remporter le même succès que la sangria, et de trois crèmes de cassis, cerise et framboise bio. «Nous développons une gamme bio depuis treize ans, commente Gérard Boiton, mais cette gamme s'élargit fortement. Sur un million de bouteilles de sirop que nous vendons, 100.000 sont bio.» Même si Bigallet boude toujours la grande distribution pour diffuser ses produits haut de gamme (elle préfère les cafés, hôtels-restaurants, épiceries fines, magasins de produits régionaux,etc.), la société plus que centenaire entend bien grignoter encore des parts de marchés. Pour cela, elle multiplie les salons et vise de nouveaux débouchés comme celui des comités d'entreprise.
Bigallet
(Virieu-sur-Bourbe) 30 salariés CA: 5M€ 04 74 88 25 13 @email