Bertrand Bigo : Le manager de la qualité récompensé

Bertrand Bigo : Le manager de la qualité récompensé

Lauréat du Prix régional qualité et performance, remis en février par le Mouvement français pour la qualité, en partenariat avec Le Journal des Entreprises, Bertrand Bigo a fait de la qualité assistée par ordinateur sa spécialité. Cet ancien commercial, licencié deux fois, a su rebondir en reprenant en 2004 Qualios, une PME de l'est.

Bertrand Bigo n'était «pas parti pour être patron un jour». Pourtant, ce Lillois de 53 ans s'accomplit aujourd'hui pleinement dans ce rôle de chef d'entreprise. Après avoir subi deux licenciements économiques, c'est la voie qu'il a choisie et qui lui réussit. Paradoxalement, il paraît bien seul dans son bureau d'Ennevelin, sous les poutres d'une ferme au carré typique de la campagne lilloise où il a aussi élu domicile. La quiétude des lieux sied bien à ce manager à l'attitude paisible. Ses 7 salariés travaillent, eux, à Vandoeuvre-les-Nancy, siège de Qualios Systems, PME qu'il a rachetée le 1erfévrier 2004. Entre les deux: 409km, un lien de confiance indéfectible et surtout le web pour outil de travail.




Management par processus Qualios est d'abord le nom d'un logiciel de gestion de la qualité en entreprise dont Bertrand Bigo est un fervent artisan. Grâce à cette interface dédiée et à ses tableaux de bord dynamiques, tout dirigeant peut piloter la gestion de son amélioration continue et surtout en suivre les principaux indicateurs. Bertrand Bigo est son premier client et utilisateur. C'est son «atout» commercial. Il s'applique à lui-même et à son entreprise ce management dématérialisé, par objectifs: une gestion efficace par processus. Un autre oeil sur l'entreprise.

De commercial à repreneur Il y a 5 ans, personne ne donnait cher de sa reprise. La société accusait de grosses pertes pour un bien maigre chiffre d'affaires. Et, comme le résume Bertrand Bigo, «la qualité, c'est un peu comme l'écologie: tout le monde est d'accord du moment que ça ne coûte rien». En octobre2003, Qualios Systems dépose le bilan, à peine un an et demi après son arrivée au poste de cadre commercial. Lui qui venait d'être licencié d'une autre start-up qu'il avait intégrée en 1999, à Rennes, subit un nouveau coup dur. Souvenir de l'ouest, une vieille carte d'école sur «les régions naturelles de France, Bretagne-Vendée» trône aujourd'hui au-dessus de sa tête, comme suspendue dans les airs, aux côtés de quelques prix, une gravure et une photo d'un lac d'Irlande, trophées d'un voyageur éperdu de nature.

Challenges et succès Dans ses bagages, ce sportif battant, ancien conseiller export de la CCI d'Angers et diplômé de l'ESC Amiens, a de l'expérience à valoriser. De 1983 à 1999, pour une SSII d'un millier de salariés, il vendait déjà des logiciels, dont l'AS400 bien connu des experts-comptables. Finalement, qui mieux qu'un salarié peut reprendre les rênes de la société qui l'emploie? Homme de challenges, Bertrand Bigo ne se pose pas longtemps la question. Il redémarre avec des capitaux familiaux et une équipe de 4 personnes hyper motivée. «Dans une PME, ceux qui restent quand ça va mal, c'est du béton!», atteste-t-il. Cette année, il recrute encore pour atteindre les 9 salariés. Déjà présent en Belgique, au Luxembourg et en Suisse, il projette d'ouvrir une filiale en Espagne et bâtit un projet de partenariat au Maroc. «Nous n'avons perdu aucun client», se félicite-t-il. Sa grande fierté est aussi d'avoir doublé son chiffre d'affaires en 2ans, pour atteindre 445.000€ tout en retrouvant une solidité financière.

Intelligence économique

Opposé à toute forme d'externalisation, synonyme pour lui de perte de savoir-faire, Bertrand Bigo développe en interne sa solution de gestion de la qualité assistée par ordinateur. Il investit dans la R & D et croit beaucoup à l'intelligence économique. Il milite pour la veille économique et pratique le benchmark. Qualios rencontre le succès depuis la réécriture complète, en 2007, de l'interface sous web 2.0, plus personnalisée, donc plus conviviale. «Les gens veulent avoir les mêmes outils chez eux qu'au travail.» Chez lui, Bertrand Bigo en sait quelque chose.