36 entreprises du BTP ont été placées en redressement ou en liquidation depuis le 1erseptembre dernier. Un coup dur pour la filière bâtiment dans le Morbihan qui sent les premiers effets de la crise
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Concurrence accrue, prix tirés vers le bas...
Si la situation est plus délicate et plus inquiétante aujourd'hui qu'en 2008, c'est parce que les entreprises du bâtiment n'ont plus les reins aussi solides. Les carnets de commandes réduits depuis 2009 n'ont pas permis d'étoffer les trésoreries. Désormais, les entreprises du BTP jouent sur les prix bas pour s'en sortir. «Le gros oeuvre doit vendre en dessous de son prix de revient s'il compte remporter un marché», indique Thierry Maho, président de la FFB. Obligées de faire appel à leurs fonds propres, les entreprises sont d'autant plus en difficulté que la commande publique se fait plus rare. La dette nationale a forcément des conséquences sur les budgets des collectivités
qui sont désormais plus resserrés. Et si, dans un chantier public, un prestataire est défaillant, c'est tout le chantier qui est bloqué. Effet domino: les autres entreprises se trouvent alors encore plus vulnérables. Du coup, Thierry Maho redoute l'hiver. «Un mois d'inactivité en raison du gel ou de la neige peut tuer les entreprises les plus fragiles». Pour celles qui s'en sortent, orientées vers le marché des particuliers, le recours à l'intérim est plus intense que d'habitude (+ 24%), évitant ainsi le risque que génère des embauches.
Fin du dispositif Scellier
À cette tendance de fond déjà difficile s'ajoute la fin du dispositif Scellier au 31décembre 2012. Certains pourraient se précipiter sur les programmes en cours pour obtenir une défiscalisation. Ce qui aurait pour effet d'augmenter artificiellement les prix. Mais surtout, le dispositif générait jusqu'alors 10.000 emplois dans le BTP. «Mécaniquement, la suppression de la loi Scellier a un impact sur nos marchés», ajoute le président de la FFB. «Même si on peut imaginer qu'il se régulera de lui-même d'ici deux à trois ans».