Bâtiment : Secteur en crise et en mutation
# Conjoncture

Bâtiment : Secteur en crise et en mutation



Stéphane Le Teuff:

«Aujourd'hui, le bâtiment est en crise. On a eu des années de très fortes productions depuis 2003. On générait à peu près 20.000 logements en Bretagne depuis les années 2000 pour compter jusqu'à 35.000 logements encore l'année dernière. Et depuis septembre2008 on a un coup d'arrêt très impressionnant: - 30% à -40% de permis de construire. Les différents acteurs du bâtiment ont dû trouver des solutions pour compenser cet état. La première bouée de sauvetage a été l'intérim. Les entreprises qui ont très peu de trésorerie commencent à déposer le bilan. Les maçons, et maintenant le second oeuvre. On a des pistes pour le futur. On n'a pas attendu la crise. Les entreprises ont décidé de se former à l'éco-construction. C'est une grosse mutation dans le bâtiment depuis deux ans. En 2012, on devra construire tous les bâtiments en BBC (Bâtiments Basse Consommation): 50kWh/m² de consommation maximum. Les entreprises n'ont pas attendu 2012. Aujourd'hui, tous les particuliers, ainsi que les bâtiments industriels, s'y mettent. D'un autre côté, toutes les entreprises ne sont pas prêtes. Il y a un gros travail de formation pour pouvoir répondre à ces attentes.»


Michel Houdebine:

«On ne construira pas demain une maison comme hier. C'est une révolution ça! Depuis 40 ans on alignait les parpaings. Maintenant on dit en deux mots que ce n'est plus ça. On va changer nos comportements vis-à-vis du développement durable. Le consommateur se remet en cause. Dans mon entreprise, on mène une réflexion en matière de construction. On est en train d'agrandir et on intègre complètement cette notion de qualité de construction pour la récupération d'énergie. On est en train d'étudier la plantation d'une saulaie de sept hectares et demi pour traiter nos eaux usées... Avant on balançait tout dans la rivière. Puis, on s'est mis à traiter avec des produits physico-chimiques et aujourd'hui on va vers des saulaies. On y réfléchit. On ne le fera peut-être pas, mais au moins on l'étudie en détail.»


Stéphane Le Teuff:

«A l'échelle des petites entreprises aussi, on travaille sur le développement durable. Sur mon bâtiment, on a déjà récupéré toutes les eaux pluviales qui nous permettent de nettoyer l'ensemble de nos véhicules. Je suis étonné parce que finalement il y a très peu de confrères qui utilisent cette solution toute simple à mettre en place. On a aussi tout le chauffage par aérothermie dans les bâtiments. Avant ça n'existait pas. Il y a très peu de bâtiments qui sont chauffés par aérothermie. Ce sont des choses que l'on peut mettre en place dans les petites structures.»

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