Bâtiment : Les mots pour le dire
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Bâtiment : Les mots pour le dire

Les entreprises du bâtiment ont signé une charte de bonnes conduites favorisant de justes relations de sous-traitance. Jean-Claude Mattio, qui a longtemps dirigé l'entreprise SDCC, a participé à la commission d'élaboration de ce document au côté du président isérois de la FFB.

«Nous traversons une situation économique particulièrement tendue. Depuis le mois de juin, nous assistons à une augmentation sensible des défaillances d'entreprises», avance Jacques Chanut, le président régional de la Fédération française du bâtiment (FFB). Des entreprises qui ont des difficultés à accéder aux marchés, des tensions entre maîtres d'ouvrage, entreprises générales, PME et sous-traitants: le constat dressé par les professionnels est réaliste. «Il ne faut pas nier le rapport de force entre grandes et petites entreprises», souligne le président. C'est cette question directe des relations entre les différentes entreprises qui est mise à plat dans la charte de bonnes conduites qui a été élaborée par les entreprises générales et les entreprises du bâtiment. C'est un engagement moral, applicable concrètement sur les chantiers, qui porte sur les questions essentielles de délais, de rappel des obligations et des limites. L'enjeu? «Préserver un outil de production diversifié et complémentaire», insiste Jacques Chanut. Il ne cache pas un climat de dégradation générale des relations sur les chantiers et entre entreprises. «Mais quoi qu'il arrive, elles sont interdépendantes les unes des autres». Le document est une déclinaison régionale puis locale de la charte élaborée dès 2007 au niveau nationale. En Isère, le président de la FFB Pierre Streiff et Jean-Claude Mattio, créateur de l'entreprise de construction bois SDCC (Varces, 70 salariés, CA2011: 11,5M€) ont planché sur l'adaptation du document aux spécificités départementales. «Le risque est fort que les petits se plaignent que les gros sont trop gros et il est important que tout le monde s'y retrouve», explique Jean-Claude Mattio.




En ordre de marche

Pour lui, un document qui rappelle les règles de bonne conduite entre donneurs d'ordres et sous-traitants n'est pas superflu. Écrites, cela permet de poser les choses officiellement, de s'en souvenir, «de mieux porter la parole». Il poursuit: «Il y a douze à vingt corps de métier qui interviennent sur un chantier. Il n'est pas simple de les coordonner, surtout si les donneurs d'ordres ne tiennent pas compte du travail des petites entreprises et que ces dernières ne sont pas en ordre de marche.» Se comprendre, c'est gagner en temps et en efficacité d'autant que les chantiers se sont complexifiés, les matériaux ont beaucoup évolué, les métiers se sont multipliés et la mise en oeuvre technique d'un chantier s'est plus sophistiquée. Jean-Claude Mattio soulève quelques points essentiels. «Il faut tout faire pour qu'avant de démarrer une affaire, tout soit arrêté, ce qui n'est pas toujours le cas.» La question des variantes est récurrente dans le métier. «C'est une dérive émergente», constate Jacques Chanut. «C'est un problème typique des entreprises du second oeuvre sous-traitantes d'un groupement. Elles sont les mieux placées pour savoir comment remplir des objectifs tout en restant compétitives», complète Jean-Claude Mattio... À condition que leurs bonnes idées ne se voient pas soumises à une nouvelle consultation. La sécurité, car toutes les entreprises ne sont pas au même niveau, un retour aux mieux disant et à la prise en compte de la technicité des intervenants sont autant de points détaillés dans la charte.


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