Bassin de DCNS : Les professionnels s'impatientent
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Bassin de DCNS : Les professionnels s'impatientent

Promis depuis une quinzaine d'années, un bassin inoccupé par DCNS doit être mis à disposition des professionnels. Le dossier est dans les mains de la Région.

— Photo : Fly HD - Lorient Agglo

Déjà sous le mandat de Jean-Yves Le Drian, ex-président de Lorient Agglomération, la promesse avait été faite aux professionnels de la réparation navale lorientaise : mettre à disposition la forme nº2 de DCNS Lanester. Depuis, le dossier a louvoyé, butant sur la question des financements. Car, même si le bassin est utilisable en tant que tel, des investissements sont nécessaires. L'interprofession du port de Lorient (IPL) a sa liste : « Remplacer les portes automatiques, installer un système de remorquage automatisé, traiter les eaux de carènes et installer un portique de manutention », détaille son président, Patrice Le Fel. Le tout pour 9 M€. « L'anneau de Keroman est déjà équipé d'un élevateur à sangles d'une capacité de 650 tonnes. Mais il n'est plus suffisant. Nous perdons des marchés. Et dès qu'il y a un souci technique, toutes les entreprises sont à l'arrêt, argumente t-il. 300 bateaux passent dans le port de commerce de Lorient chaque année. Nous voulons capter cette clientèle ».

La région à la manoeuvre

Pourtant tout est prêt. Le plan de financement, les études techniques, y compris celle de l'Audélor (agence de développement économique et d'urbanisme de Lorient Agglomération) publiée en 2012. Dans le détail, l'outil resterait propriété de DCNS, et la SEM Keroman (Société d'économie mixte) reprendrait la gestion du bassin. « Il faut prévoir, au minimum, 18 mois de travaux. Cela repousse déjà l'échéance à 2016. Il nous faut un signal fort cette année, sinon les entreprises partiront », s'alarme Patrice Le Fel.

Concertation avec Concarneau

« Depuis fin 2013, nous avons réussi à avoir un débat constructif avec la région. Ils sont venus nous rencontrer le 13 mars, et nous avons été écoutés. Nous avons aussi un soutien fort du groupe DCNS. Ils ont compris l'importance que cela a pour le tissu économique », détaille Patrice Le Fel. Les décideurs régionaux semblent donc réfléchir à un schéma stratégique. Une étude des moyens a été lancée pour mieux connaître l'état des infrastructures. Elle sera clôturée en juin prochain. Derrière l'orientation stratégique se cache un autre enjeu : celui de l'argent public. « La Région va devoir prendre des décisions. Tout le monde n'aura pas de subventions. Ils devront faire des choix », annonce le président de l'IPL. Si Concarneau et Lorient se font aujourd'hui face sur ces marchés de la réparation navale, ils doivent composer avec Brest et les autres ports de la façade Atlantique. Le port brestois va bénéficier de 220 M€ d'investissements pour réaménager son polder et ses infrastructures (accueil de plus gros porteurs et arrivée d'activités liées aux énergies marines renouvelables). De son côté, Concarneau réclame 21 M€ pour remplacer son slipway par un élevateur à sangles, la couverture d'une cale sèche, sécuriser les accès et récupérer les eaux de carènes. Là aussi, la balle est dans le camp des collectivités.

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