«Chacun doit faire des efforts à son niveau.» La directrice générale de la Fédération Bancaire Française, Ariane Obolensky, est claire: les banques ne sont pas les seules à impulser l'économie. Les collectivités territoriales devront aussi ajuster leurs dépenses. Avec Jean-Yves Carillet, président du Comité des banques de Bretagne, la directrice générale annonce une réduction de la durée du prêt et donc une sortie de l'activité de prêt à très long terme. «Pour les particuliers, certains raccourcissements seront possibles mais ce sont surtout les collectivités publiques qui seront en première ligne», convient la dg.
Une crise de la liquidité
Certains grands projets pourraient ainsi se voir retardés dans la mesure où les banques mettront la priorité sur le marché domestique et les entreprises. «Nous souhaitons concentrer les moyens de financement de l'économie.» En effet, la crise actuelle se traduit par une difficulté d'accès à la liquidité car l'équilibre du système suppose la capacité des banques à drainer des capitaux internationaux. La fermeture du marché américain et la crise des marchés financiers bloquent le mécanisme. Ainsi, les banques bretonnes ont collecté, en 2011, 66milliards d'euros et accordé 79milliards d'€ en crédit. «Ce déficit n'est pas évident à combler d'autant que la réglementation nouvelle modifie la donne», explique ArianeObolensky.
Raccourcissement des prêts à long terme
Compte tenu de la conjoncture, le ratio des fonds propres des banques doit, en effet, atteindre 7% des activités de marché et de crédit des banques (accords Bâle 3) en 2013, au lieu de 2019 initialement. «Le modèle va exiger des banques qu'elles aient plus dépôts pour la même quantité de prêts.» La conséquence directe c'est le choix fait par les banques de raccourcir la durée des prêts. La directrice affirme que les banques vont devoir doubler le montant de leurs fonds propres d'ici à 2013. Les 2/3 des bénéfices seront mis en réserve. «Les collectivités publiques vont subir de plein fouet ces nouvelles règles car nous réduirons le financement de grands projets.» Néanmoins, après une année 2011 compliquée, l'alarmisme n'est pas de rigueur. «L'économie européenne à la capacité de croître et les banques doivent pouvoir financer l'économie», affirme-t-elle.
Un engagement fort auprès des entreprises
Certes, la crise financière est d'une très grande ampleur mais les entreprises peuvent être rassurées pour l'année 2012: «il n'y aura pas de crédit crunch». (NDLR: de resserrement des crédits accordés) Jean-Yves Carillet et Ariane Obolensky ont tiré un bilan plutôt positif de l'année écoulée. «Les banques françaises financent l'économie, cela fonctionne normalement et c'est une prouesse.» Sur 2011, la hausse des crédits s'élève à 6,2%, plus précisément 5,1% pour les entreprises et 4,4% pour les TPE/PME. «Alors que le PIB national n'augmente pas à un rythme soutenu, c'est une performance», tient-elle à préciser. En 2013, les banques françaises continueront à financer les entreprises et notamment les PME. Fin septembre2011, le taux de progression des encours de ces dernières est de +4,4% et les banques se sont engagées à poursuivre ces collaborations. Pour elles, «les perspectives de croissance jouent un rôle clé dans la demande crédit». D'ailleurs, en Bretagne comme sur l'ensemble du territoire national, les entreprises se portent bien: «le taux de "sinistralité" est bas et globalement les entreprises investissent.» Jean-Yves Carillet se dit d'ailleurs satisfait des résultats bretons: l'encours de crédit à l'économie bretonne a progressé de 4,5milliards d'euros sur un an et le crédit aux entreprises est en hausse de 4,1%. «Les banques sont actives dans l'accompagnement en capital développement des entreprises régionales, et nous resteront sur cette lancée car l'investissement favorise la croissance économique.» Il reste maintenant aux collectivités de trouver d'autres moyens de se financer.
Finances En visite à Rennes, la directrice générale de la Fédération bancaire française, Ariane Obolensky, confirme que les banques vont devoir augmenter leurs fonds propres. Résultat, les prêts à long terme seront raccourcis. Un coup dur pour les collectivités.