Le déjeuner-débat de juin dernier au Propeller Club de Rouen, qui accueillait le Préfet François Philizot, délégué interministériel au Développement de la Vallée de la Seine, a connu l'affluence des grands jours. Il a réuni une assistance largement impliquée dans l'ensemble de l'économie portuaire et pour qui la Seine demeure un « fleuve porteur d'espoir », comme aime à le rappeler Georges Vincent, président du Club local.
Des infrastructures en attente
Mais l'activité du shipping rouennais, malgré de belles réussites sectorielles, n'échappe pas à la frilosité économique ambiante. Et à l'évidence, ses acteurs attendent avec impatience de nouveaux outils. Notamment en termes d'infrastructures (contournement routier Est de Rouen, Ligne Nouvelle ferroviaire Paris-Normandie) ou de logistique (développement des transports massifiés de conteneurs entre les deux ports maritimes et leur arrière-pays) « Après six ans d'études et de réflexions, le Schéma Stratégique d'Aménagement et de Développement de la Vallée de la Seine à l'horizon 2030 est pratiquement écrit », indique à ce propos le délégué interministériel. « Mais nous n'avons pas entamé le volet budgétaire », s'empresse-t-il aussitôt d'ajouter. On sait qu'un CPIER (Contrat de Plan Interrégional État-Région) venant en complément des CPER classiques doit « traduire les engagements financiers des diverses collectivités territoriales » dans les trois Régions (Haute et Basse-Normandie, Ile-de-France) immédiatement concernées par le Développement de la Vallée de la Seine. On devrait donc y voir plus clair à la rentrée de septembre, confirme François Philizot. Le moment sera alors venu de « passer de la stratégie globale aux réalisations concrètes ». Le délégué interministériel y voit « un enjeu de longue haleine » nécessitant de « casser les cloisonnements ».
L'argent public est devenu rare
Dans l'articulation du futur Schéma de Développement, la Région Haute-Normandie doit pour sa part superviser l'un des trois axes majeurs du Schéma de développement de la Vallée de la Seine, celui des infrastructures (déplacements et réseaux). Or, l'argent public est devenu rare et il va le rester. Et avec le report de l'Ecotaxe, les recettes attendues pour le financement des infrastructures vont se trouver singulièrement réduites par rapport aux attentes initiales. À ce stade, le chiffre d'un milliard d'euros est évoqué (hors contournement Est de Rouen) pour le financement du CPIER couvrant la période 2015 - 2020. Quelque 300 millions seront ainsi nécessaires pour raccorder la voie ferrée récemment rénovée entre Serqueux et Gisors aux itinéraires actuels permettant au fret ferroviaire de disposer d'une alternative performante à l'itinéraire historique Paris-Le Havre par Rouen et Mantes. Autre investissement, de moindre ampleur certes, mais néanmoins très demandé par les portuaires, la chatière autorisant un accès fluvial direct au terminal Port 2000 du Havre (100 millions). Cet outil apparaît indispensable pour pérenniser le pré et post-acheminement des conteneurs par barges fluviales entre Le Havre et Paris. Démarré très tardivement sur le bassin de la Seine, ce trafic s'est littéralement envolé au fil des années pour culminer à plus de 200.000 EVP en 2012. Mais il a brutalement piqué du nez en 2013 (- 10 %) et sa chute s'est encore accentuée au premier semestre.
Importations en chute
Président délégué général du Comité des Armateurs Fluviaux, Didier Léandri a tiré la sonnette d'alarme lors de la récente assemblée générale de l'organisation professionnelle. Pour lui, « la filière conteneurs est aujourd'hui face au mur de l'économie. Prise en étau entre des coûts de manutention en hausse, des coupes sombres dans les aides, des trafics importations en chute, et une concurrence routière que le report de l'Ecotaxe n'a fait qu'amplifier ».
fluvial Les acteurs économiques normands et plus largement de l'Axe Seine attendent désormais des réalisations concrètes dans le projet de développement de l'Axe Seine. Le délégué interministériel prévoit des annonces en septembre.