Avec le rachat d’Etigo, Primagroup affiche ses ambitions de croissance
# Industrie # PME

Avec le rachat d’Etigo, Primagroup affiche ses ambitions de croissance

S'abonner

Une acquisition après l’autre, Primagroup construit son ambition de se constituer en groupe industriel, complet et polyvalent. Et la récente intégration d’Etigo avec des soutiens solides, loin de diminuer ses appétits, devrait encore accélérer la réalisation de ses ambitions.

Au sein de Primagroup, PrimaInjection se spécialise dans la réalisation de pièces en injection plastique — Photo : Jeanne Magnien

Avec le rachat d’Etigo, début 2026, Primagroup prend une nouvelle dimension — "et ce n’est que le début", assurent ses dirigeants. Le duo d’entrepreneurs, constitué de Philippe Devaux et Matthieu Gueroult, s’est formé en 2022 pour racheter la holding Primagroup et ses deux filiales, PrimaPlast et PrimaInjection, situées à Libercourt (Pas-de-Calais). La première conçoit et fabrique des convoyeurs industriels, la seconde produit des pièces en plastique injecté. L’ensemble représentait, au moment de la reprise, 4,5 millions d’euros de chiffre d’affaires, avec 25 salariés. Un point de départ, dans la vision des nouveaux dirigeants.

"Nous avons toujours eu pour objectif la constitution d’un groupe d’une centaine de salariés. PrimaPlast et PrimaInjection constituaient un socle solide pour un développement de ce type, avec des activités complémentaires, qui avaient besoin d’être redynamisées", présente Philippe Devaux.

Les choses auront été plus vite que prévu avec le rachat, début 2026, du nordiste Etigo, qui pèse alors… trois fois le poids de Primagroup, soit 18 millions d’euros de chiffre d’affaires, avec 75 salariés. Fondée en 1954 à Roncq et développée depuis 1992 par Thierry Delesalle, Etigo est une PME qui compte sur le marché des petits consommables, en plastique ou métal : serre-câble, porte-étiquette, scellé de douane et autres bracelets d’identification. Outre ses locaux à Tourcoing, et une unité de production à Neuville-en-Ferrain (Nord), elle détient deux filiales, Ligarex, spécialiste du collier de serrage en inox, à Montigny-le-Bretonneux (Yvelines), et Morin Gravure, entreprise centenaire située à Collégien, (Seine-et-Marne).

"C’était un gros sujet pour nous. C’est pour cela que nous avons eu besoin d’être bien entourés dans cette opération. Nous avons été suivis par Nord Capital et l’IRD, et côté banques, le Crédit Agricole, le CIC et BNP Paribas. Tous ont jugé notre projet réalisable, et ont surtout vu la cohérence de ce que l’on veut faire", souligne Philippe Devaux. "Créer des emplois, être acteurs de l’économie, c’est notre moteur. Et nous croyons fermement que l’industrie a du sens en France, si on lui donne les moyens de s’automatiser et d’être compétitive."

Relocaliser en partie

Un mantra et une méthode que les dirigeants ont déjà commencé à mettre en œuvre dans leurs deux premières entreprises, aux spécialités complémentaires. Primaplast conçoit, fabrique et installe des convoyeurs industriels pour les professionnels de l’injection plastique historiquement, mais désormais pour tous les métiers, avec une forte prévalence de l’agroalimentaire et de la pharmacie. Et PrimaInjection réalise des pièces en injection plastique dans tous types de secteurs, de l’automobile au paramédical, en passant par l’équipement de l’habitat.

Dans ce cadre, la reprise d’Etigo a du sens à plus d’un titre : très orientée négoce, avec un très large catalogue de pièces, pour la plupart fabriquées en Asie, Etigo développe depuis quelques années une activité de production de produits en plastique injecté, avec quatre presses. La personnalisation est aussi un marché important pour la PME, notamment dans l’évènementiel.

"On parle de petites pièces à faible valeur ajoutée, produites pour quelques centimes. Pour cette partie de l’offre disons standard, chercher à relocaliser la production en France n’a pas grand sens, les clients regardent au prix avant tout," raisonne Philippe Devaux. "En revanche, pour tout ce qui est sur mesure, on peut faire la différence : rapidité, agilité, disponibilité et extrême personnalisation des produits… On peut livrer plusieurs centaines de milliers de pièces en moins d’une semaine."

Des synergies à l’œuvre

Au sein du groupe, des synergies sont déjà à l’œuvre. PrimaPlast planche ainsi sur l’automatisation des process de production d’Etigo. "Automatiser le passage des produits sous un laser pour les marquer, puis les ranger, par exemple, fait partie des choses que l’on sait très bien faire chez Primaplast. C’est l’un des projets en cours". Sur l’activité d’injection plastique, les convergences sont nombreuses entre Etigo et PrimaInjection, et leur clientèle, complémentaire : PrimaInjection travaille beaucoup pour l’industrie, dans l’automobile, le paramédical et l’agroalimentaire. Tandis qu’Etigo sert beaucoup les professionnels de l’évènementiel et du tourisme, et tout le marché de la sécurisation, des personnes et des biens, notamment en logistique, avec ses fameux scellés.

Comptant désormais un parc de 16 presses, et pouvant produire des pièces allant de quelques grammes jusqu’à 2,5 kg de plastique, Primagroup compte bien élargir sa clientèle. "Nous travaillons pour le moment surtout en sous-traitance, mais nous voulons travailler à développer nos propres moules," précise Philippe Devaux.

À la tête d’un groupe qui au consolidé, pèse donc désormais 24 millions d’euros de chiffre d’affaires, avec une centaine de salariés, Philippe Devaux et Matthieu Gueroult nourrissent plusieurs projets de développement. En interne d’abord : outre les projets pour PrimaInjection, PrimaPlast, qui devrait prochainement changer de nom, va aussi passer un cap pour améliorer sa proposition de valeur en termes d’automatisation, d’ingénierie et de sur-mesure.

La reprise est passée par une phase de redynamisation dès 2022, notamment pour Primaplast dont l’activité avait été un peu délaissée au profit de PrimaInjection. Son chiffre d’affaires est passé de 900 000 euros lors de la reprise à 1,6 million en 2024. L’entreprise se porte bien et nous prévoyons encore une belle croissance, avec notamment, la signature d’un client dans l’automobile", pose le dirigeant.

Vers une nouvelle croissance externe

"Il y a un marché important en France de PMI et PME qui ont une activité en hausse et des problèmes de recrutement, et qui cherchent à automatiser certaines de leurs lignes. C’est ce qu’on aime faire chez PrimaPlast, se creuser la tête pour trouver une solution à un besoin exprimé par le client, ou pour résoudre une problématique sur site, dans des espaces souvent contraints."

Et sur les métiers de l’injection plastique, une nouvelle croissance externe est déjà au programme. Plusieurs pistes sont à l’étude, et les champs sont ouverts, dans des métiers identiques à ceux de la PME. "Nous sommes bien placés pour savoir qu’une croissance externe, ça prend du temps. Il nous a fallu 18 mois pour signer Etigo ! " Primagroup est donc en veille permanente sur ses marchés, et est en train d’identifier des pays cibles pour sa prochaine acquisition, en Europe ou plus loin. Sont ainsi à l’étude, des pistes en Suisse, au Brésil, en Thaïlande ou en Tunisie.

Pas-de-Calais Paris # Industrie # PME # Fusion-acquisition
Fiches entreprises
Retrouvez toutes les informations sur les entreprises ETIGO, PRIMAGROUP