Autocaristes : L'accessibilité oui, mais à quel prix?
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Autocaristes : L'accessibilité oui, mais à quel prix?

En 2015, tous les cars devront être accessibles aux personnes handicapées. En raison d'investissements énormes, les chefs d'entreprises du secteur sont inquiets.

L'accessibilité dans les transports, voilà un sujet qui recueille l'assentiment de tous. Mais voilà, doter les transports collectifs en équipements spécifiques pour l'accès des handicapés ou des personnes âgées constitue un coût très important. C'est l'enjeu majeur auquel sont confrontés aujourd'hui les quelque 80 autocaristes bretons. «En 2015 au plus tard, la chaîne du transport doit être accessible, explique Philippe Plantard, délégué régional de la Fédération nationale des transports de voyageurs (FNTV) en Bretagne. Et depuis le 13novembre de cette année, les autocars qui sont acquis au titre du renouvellement doivent être accessibles.» Résultat, les entreprises de transports de voyageurs du département doivent programmer des investissements énormes. Qu'elles soient issues des grands groupes, comme TIV (Veolia) ou Keolis. Ou qu'elles soient indépendantes (LeVacon, Orain, Bellier, etc.). «Cela représente un surcoût de 15.000 à 20.000 € HT pour la partie UFR (fauteuils roulants), 25.000€ pour la mise en conformité visuelle et sonore, sans compter la perte de places.» Si ces dispositions sont évidemment soutenues par les collectivités, principales clientes des autocaristes, elles pourraient aussi se retourner contre elles. «Ces évolutions remettent complètement en cause le modèle économique de nos entreprises.» En attendant que l'État tranche sur la question, «et rende une position plus lisible», les autocaristes bretons retardent leurs investissements. «Et accumulent du retard.»

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