Avec la vente de L'Auberge Bretonne, hôtel Relais & Châteaux et restaurant une étoile au guide Michelin, c'est une figure du métier qui sort de scène. Le 10novembre au soir, Jacques Thorel quittera les fourneaux et le couple qui prendra sa succession rouvrira à la mi-décembre. Le montant du rachat est confidentiel. Mais le Journal des Entreprises du Morbihan a découvert l'identité du futur repreneur. Il s'agit de Benoit Gauchet, jeune homme de 28 ans originaire de Muzillac ayant fait ses armes au Crillon à Paris et au Coquillage à Cancale, chez Olivier Roellinger. La transaction concernera le fonds et les murs. La gastronomie de haut vol est pourtant loin d'échapper à la récession, avec une envolée de près de 50% du prix des légumes même si le poisson a baissé de près de 30% voire de 50% pour le homard.
Moins de Britanniques
Le chiffre d'affaires de l'Auberge Bretonne diminuait entre2007 et2008 (-26%), à 858.000 €, tout comme ses autres indicateurs financiers. Adresse de renommée internationale, l'Auberge Bretonne est en effet aux avant-postes des nouveaux flux liés à la mondialisation. La chute de 20% de la fréquentation britannique n'a pu qu'affecter un établissement doté de 50% de clientèle étrangère. «Avec un dollar à 1,30 € voire 1,50 € en 2009, les Américains ne venaient plus. Le transfert de clientèle a été difficile car les locaux ne dorment pas à l'hôtel. Aujourd'hui, avec un dollar à 1,24 €, les réservations américaines repartent pour septembre», note Jacques Thorel. De plus, l'Auberge Bretonne est parvenue à maintenir sa quarantaine de couverts malgré une fermeture deux jours et demi par semaine deux mois et demi par an. Le restaurant occupe aujourd'hui 80% du chiffre d'affaires. «Nous sommes en mutation de clientèle», constate Jacques Thorel. «Sans même parler de l'Asie et de l'élan incroyable de sa jeunesse, le Brésil monte en puissance, nous avons même eu des Polonais cet été. Mais il va falloir changer nos habitudes de travail car une famille Mexicaine qui se déplace au grand complet, ce n'est pas quatre personnes mais plutôt une quinzaine...»
Le nom du repreneur de l'Auberge Bretonne à La Roche-Bernard est désormais connu.