Spécialisés dans l'agencement de paquebots, de magasins et de sièges sociaux, les Ateliers Normand sont aujourd'hui confrontés à une importante baisse de leur plan de charge. Rencontre avec Philippe Faverot, P-dg de l'agenceur nantais.
Philippe Faverot, les Ateliers Normand réalisent 50% de leur chiffre d'affaires dans le secteur de la navale auprès de STX. Les chantiers nazairiens sont en mal de commandes. Comment appréhendez-vous la situation?
La situation est très compliquée puisqu'à partir du mois d'avril nous n'aurons plus d'agencements d'espaces publics à réaliser pour le compte de STX. Si les chantiers n'enregistrent pas de nouvelles commandes d'ici là, nous seront obligés de fermer notre agence nazairienne qui emploie une quinzaine de salariés, avec à la clé des risques de licenciements. Nous essaierons de réduire au maximum leur nombre en fonction de ce que pourra absorber notre activité d'agencement de magasins et d'espaces tertiaires. En fermant notre agence de Saint-Nazaire, le risque est de perdre notre savoir-faire dans la navale.
Est-ce que l'agencement terrestre (magasins, banques, sièges sociaux,etc.) peut amortir l'effondrement attendu dans la navale?
Depuis septembre dernier, on enregistre aussi une baisse de commandes pour cette activité. Surtout, on assiste à un phénomène de guerre des prix avec des entreprises qui viennent sur le marché de l'agencement sur-mesure et qui pratiquent des tarifs suicidaires. Elles ne résisteront pas longtemps, mais en attendant elles prennent des marchés. Globalement en 2009, les Ateliers Normand ont enregistré une baisse d'activité de l'ordre de 15 à 20% mais le résultat d'exploitation reste positif.
En perdant votre activité liée aux chantiers nazairiens, comment comptez-vous traverser 2010?
Il faut rappeler que nous sommes habitués aux cycles de la navale et que nous avons une grosse capacité d'absorption de creux de charg
e.
Nous n'avons plus recours à l'intérim et nous avons stoppé la plupart de ce que nous externalisions, la part des sous-traitants dans notre chiffre d'affaires étant importante. Il y a eu aussi des périodes de chômage technique pour nos bureaux d'études. En 2010, nous tablons sur un chiffre d'affaires de 12M€, contre 20M€ en 2009. Mon challenge est donc d'abaisser le point mort de l'entreprise pour qu'elle reste viable malgré ce chiffre d'affaires en baisse de 40 à 50%. Malgré tout, je reste confiant. La mer est agitée mais notre équipage est robuste et nous serons encore là lorsque le calme sera revenu car notre force c'est l'ingéniering et notre capacité à faire du clé en main tout corps d'état.
Qu'avez-vous mis en place pour faire face à cette conjoncture difficile?
Sur la navale, nous cherchons de nouveaux débouchés
à l'export. Mais c'est difficile car sur les chantiers étrangers, on est beaucoup plus protectionniste qu'en France. On a pu le constater en Allemagne, où on nous a préféré un agenceur national. La diversification de nos activités constitue un autre axe de développement. Nous nous positionnons notamment sur le marché en en pleine expansion des spas, sur lequel on fonde des espoirs de business pour 2011. Nous allons aussi poursuivre notre action au sein d'un groupement d'achat qui fédère plusieurs entreprises régionales de l'agencement naval. Grâce à lui, nous avons pu réduire nos coûts d'achat jusqu'à 50% sur certains produits.
Vous incarnez la troisième génération à la tête de l'entreprise. Cette dimension familiale va t'elle se poursuivre?
Je n'ai pas de successeur au sein de la famille. À 61 ans, j'entre donc aujourd'hui en phase active de cession
.