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Asphalte conditionne son développement à son impact carbone
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Asphalte conditionne son développement à son impact carbone

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Asphalte, la marque bordelaise de vêtements durables en précommande, ancre encore davantage son approche environnementale. Sa récente levée de fonds de 5 millions d’euros s’accompagne d’un pacte avec ses investisseurs, qu’elle devra respecter pour assouvir ses projets d’expansion en Union européenne et d’extension de son rayon femmes.

William Hauvette, fondateur d'Asphalte — Photo : Asphalte

Depuis sa création en 2016, Asphalte s’applique à dépoussiérer le prêt-à-porter pour hommes en prônant la "slow fashion", ce mouvement qui promeut des procédés plus soucieux de l’environnement. L’entreprise fabrique sur commande et en concertation avec les clients des articles produits en Europe à partir de matières naturelles ou recyclées "pour leur grande majorité" défend la marque. Aujourd’hui, elle cumule 1 million de pièces vendues, 150 000 clients, 23 millions d’euros de chiffre d’affaires, en progression de 60 % depuis 2020. De quoi séduire.

Ratio chiffre d’affaires - CO2

Fin mars, la marque a levé 5 millions d’euros auprès de la société suisse Quadia, M Capital, le fonds régional Naco, Kostogri - la holding d’investissement de Nicolas Béraud, fondateur de Betclic - accompagnée par la banque d’affaires Cambon Partners. Pour les convaincre, Asphalte a particulièrement accentué son engagement environnemental. À l’initiative de son fondateur William Hauvette, une sorte de pacte a été conclu : les financiers ne surveilleront pas seulement la bonne santé financière de l’entreprise, mais également l’impact écologique de ses activités. Asphalte a ainsi convaincu Quadia, spécialiste de l’investissement à impact, qui a ouvert la voie aux autres partenaires.

Déjà mesuré par Fairly Made, la start-up parisienne qui certifie les marchandises issues du commerce équitable, l’impact des activités d’Asphalte servira désormais à calculer le ratio entre son chiffre d’affaires et ses émissions de CO2. Ratio qui sera ensuite intégré aux réflexions stratégiques.

"Il nous faut donc désormais aller encore plus loin, détaille William Hauvette, réfléchir à chaque étape. Un exemple : nous proposions jusque-là un très beau jean, avec une toile japonaise, une production artisanale très réputée mais aussi polluante. Nous avons changé de fournisseur, c’est désormais un atelier écoresponsable en Italie qui fabrique nos jeans. Il a inventé un processus au cours duquel la fixation de l’indigo ne se fait plus via des intrants chimiques mais par le biais de champignons naturels. L’atelier recycle également ses eaux usagées."

Renforcer les marchés féminins et européens

La marque compte désormais développer son concept dans d’autres pays de l’Union européenne dès cette année, dupliquant son implantation réussie en Allemagne depuis 2020 qui génère aujourd’hui 15 % du chiffre d’affaires. L’entreprise prévoit aussi d’accroître largement sa gamme femme (10 % du chiffre d’affaires) avec une quinzaine de lancements de produits d’ici juillet 2023.

William Hauvette se réjouit de pouvoir mener ces projets grâce au tour de table, qui ne s’est pas bouclé dans la facilité. "Un an plus tôt, il aurait été moins compliqué. Les difficultés traversées par le secteur de la tech, la guerre en Ukraine, l’inflation, les faillites dans la mode, tout cela a rendu les investisseurs un peu plus frileux." La bonne santé d’Asphalte et son développement ont donc eu raison des dernières réserves.

Asphalte, qui emploie une quarantaine de personnes, compte aussi multiplier les tests dans des boutiques "physiques" ces prochains mois : après un pop-up store à Bordeaux, c’est à Paris que la marque va installer un corner en avril.

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