«On a atteint la taille que l'on s'était fixé et notre objectif d'arriver à développer, sur 2 ans, un produit de qualité. Notre souhait n'est pas d'augmenter à tout prix notre CA ou de passer à 500 salariés. Notre stratégie est de faire de mieux en mieux sur la qualité des produits», explique Sebastian Wloch, co-gérant du studio Asobo, premier concepteur indépendant de jeux vidéo en France en nombre de copies vendues. Créé en 2002, Asobo a eu le vent en poupe dès ses débuts avec des jeux comme Ratatouille, Wall-E, Toy-story 3, Fuel, Là-haut... réalisés en collaboration avec des géants de l'industrie des loisirs (Pixar, THQ, Ubisoft, Microsoft, Codemasters...). L'entreprise totalise ainsi septmillions de jeux vendus. Son dernier né, Kinect Héros qui a demandé deux ans de travail, est sorti au niveau mondial en mars et cartonne grâce à ses innovations. Le jeu propose à l'utilisateur de se scanner entièrement le corps -et non plus seulement une partie- et de créer son propre avatar, libre d'évoluer dans un espace de 360° et de rejoindre ainsi les héros des films Pixar (Cars, Toy-story...)
Garantir une croissance saine
Malgré cette success story, Asobo garde les pieds sur terre. «Si on multipliait les marchés sur différents jeux, on finirait par perdre nos forces créatives. On évolue dans un secteur qui demande de la réactivité et d'intégrer des innovations très vite. Plus on est gros, plus c'est difficile à faire», indique Sebastian Wloch. Pour se garantir une croissance saine, Asobo préfère ainsi privilégier un contrat avec un client. «L'industrie de la console est aujourd'hui mature et la croissance s'est stabilisée. Tout se joue désormais sur la qualité. On ne peut de toute façon pas gagner plus en délocalisant la production. Notre secteur demande du personnel qualifié et une connaissance de la culture des futurs utilisateurs de jeux. En délocalisant, la qualité serait réduite par quatre».
Des actionnaires-salariés indépendants
Les douze actionnaires d'Asobo, tous salariés de l'entreprise appuient cette stratégie. «Notre indépendance justement nous le permet. Les actionnaires, qui voient de toute façon que le bénéfice est constant, adhèrent à cette idée de ne pas entrer dans la course au chiffre d'affaires». Ils ne s'alarment pas non plus si le CA ou les effectifs subissent quelques effets yoyo, comme en 2010 quand le CA est passé à 3,9M? contre 4,7 millions d'euros en 2009 ou quand l'effectif de 100 salariés l'an dernier est revenu à 85 cette année. «Nous sommes dans un domaine particulier de la création. On est symbolique de ces entreprises qui créent des produits sur plusieurs années, et où la croissance se mesure au moment de la finalisation». Pour autant, depuis ses débuts, Asobo n'en enregistre pas moins une croissance naturelle de 5 à 15% d'augmentation du CA par an et le nombre de salariés est passé en trois ans de 50 à 85. «Et ce sera sans doute similaire dans les trois à venir», conclut Sebastian Wolch.
ASOBO
(Bordeaux) 85 salariés CA 2011: 5M ? 05 56 01 04 98 @email