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Après deux années de forte croissance, l’économie des Pays de la Loire devrait atterrir en douceur en 2024
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Après deux années de forte croissance, l’économie des Pays de la Loire devrait atterrir en douceur en 2024

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Atterrissage en douceur après deux années de forte croissance. C’est le constat vers lequel convergent l’enquête annuelle réalisée par la Banque de France dans les Pays de la Loire et l’enquête de conjoncture menée en janvier 2024 par la CCI Nantes Saint-Nazaire auprès des entreprises de Loire-Atlantique.

Simone Kamycki, directrice régionale de la Banque de France dans les Pays de la Loire, Yann Trichard et Alexandra Boulet de CCI Nantes Saint-Nazaire ont présenté les résultats de leurs enquêtes de conjoncture — Photo : Caroline Scribe-Le JDE

En 2023, l’économie a poursuivi sa belle dynamique post-Covid, malgré un léger ralentissement au second semestre. C’est ce qui ressort de l’enquête annuelle menée par la Banque de France auprès de 1 450 entreprises installées dans les Pays de la Loire. Globalement, les coûts des matières premières et de l’énergie provoqués par la guerre en Ukraine ont pu être répercutés sur les prix des produits finis. De ce fait, l’impact sur la rentabilité des entreprises est plus modéré que ce qui était redouté. Les investissements ont été repoussés, plus rarement annulés, sous l’effet de la hausse des taux et d’un manque de visibilité sur l’avenir. Les recrutements se poursuivent sur un marché du travail qui s’est détendu depuis octobre.

Rattrapage des défaillances d’entreprise

Avec 2 300 liquidations d’entreprises en 2023 sur l’ensemble de la région, le taux de défaillance retrouve son niveau pré-Covid. "Pour 50 créations d’entreprises, il y a seulement 2,5 défaillances dans les Pays de la Loire. Il faut voir dans la hausse du nombre de défaillances de ces derniers mois un effet de rattrapage", souligne Simone Kamycki, directrice régionale de la Banque de France. En 2024, l’activité économique dans la région devrait se stabiliser au niveau de la fin de l’année 2023 avec, toutefois, des évolutions contrastées selon les secteurs.

Rattrapage de l’investissement industriel en 2024

En 2023, le chiffre d’affaires des entreprises industrielles a progressé de 8,4 % en prix et de 2,5 % en volumes (déflatés de l’inflation). Les effectifs sont en légère hausse et la rentabilité progresse de 12 points, tous les sous-secteurs industriels contribuant à cette dynamique favorable. Pour 2024, les chefs d’entreprise anticipent une légère baisse de leur chiffre d’affaires en volumes. Les investissements, attendus en fort rebond (+26 %), porteraient sur la modernisation de l’outil de production que les investissements de 2023 visaient juste à maintenir en l’état.

Situation contrastée dans les services

Le secteur des services marchands a connu une évolution contrastée en 2023. Les rentabilités d’exploitation des entreprises se sont dégradées (37 % des répondants indiquant une baisse de leurs marges), mais l’investissement est resté dynamique (+9 %), porté surtout par le secteur des transports-entreposage. À noter, le dynamisme des services back-office (comptabilité, ingénierie…) dont le chiffre d’affaires a progressé de 3 % en volumes. En 2024, une nouvelle légère croissance du chiffre d’affaires est attendue, ainsi qu’une progression des effectifs. En revanche, les investissements feraient une pause.

La construction résiste

En 2023, le secteur de la construction a réussi à préserver, plus qu’envisagé, sa rentabilité, en dépit de la hausse marquée des charges. Situation beaucoup moins favorable, en revanche, pour le secteur des travaux publics. Celui-ci devrait toutefois retrouver des couleurs en 2024, au contraire du gros œuvre qui devrait être pénalisé par le maintien à un niveau relativement élevé des taux d’intérêt et la baisse des permis de construire, en raison de la politique de ZAN (Zéro Artificialisation Nette).

"Hors nouveaux chocs exogènes, le redémarrage de la croissance dépend largement du niveau d’épargne des Français. Après avoir atteint des records, il faudrait que cette épargne se réoriente vers la consommation. Quant aux taux d’intérêt, ils ne baisseront que lorsque l’inflation sera jugulée durablement. Mais la période exceptionnelle de taux bas que nous connaissons depuis 2014 est probablement révolue", estime Simone Kamycki.

De "bons fondamentaux en Loire-Atlantique"

En Loire-Atlantique, l’activité économique des entreprises est restée stable dans un contexte inflationniste avec des disparités selon les secteurs, selon l’étude réalisée par la CCI Nantes Saint-Nazaire. 70 % des dirigeants ont vu leur chiffre d’affaires se maintenir ou progresser dans les secteurs des services aux entreprises, du BTP et de l’industrie. En revanche, 4 entreprises sur 10 accusent une baisse dans les commerces et services aux particuliers, ainsi que dans le commerce de gros. La hausse du prix de l’énergie et des matières premières reste la principale difficulté pour les entreprises, même si elle recule. Les difficultés de recrutement persistent, tandis que la baisse des carnets de commandes et de la clientèle devient une source de préoccupation. Dans une conjoncture internationale complexe et manquant de visibilité, les chefs d’entreprise se montrent prudents dans leurs prévisions de chiffre d’affaires, mais demeurent relativement confiants. "Les fondamentaux économiques du territoire sur le territoire demeurent très bons. Nous ne voyons pas de risques macroéconomiques majeurs pour la Loire-Atlantique et nous devrions encore avoir de bons chiffres en 2024. En revanche, ce n’est pas vrai pour tous les secteurs. Les commerces et CHR dépendent de la consommation des ménages", commente Yann Trichard, président de la CCI Nantes Saint-Nazaire.

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