Trop modeste, il ne voulait pas qu’on lui consacre une soirée spéciale. C’est donc à l’occasion de la traditionnelle session plénière de fin d’année que 400 chefs d’entreprise ligériens de la CGPME ont rendu hommage à Yann Le Bihen. Un hommage appuyé pour celui que ses collègues appelle le "Sage", le "lieutenant général entrepreneur" ou encore "le grand frère" comme l’a salué Christophe Desarthe, le président de la CGPME Pays de la Loire.
"Cela va me manquer terriblement"
« Cela va me manquer, terriblement. J’ai passé 22 années fabuleuses à la CGPME », confie Yann Le Bien. Il va aussi manquer aux 17 salariés permanents de la CGPME des Pays de la Loire. Quand il a été embauché, en 1994, il inaugurait le premier poste de permanent de la CGPME Loire Atlantique. Il était alors "sergent recruteur" selon ses propres mots, celui qui devait convaincre des entrepreneurs d’adhérer. « J’ai dit que je voulais être payé avec un fixe au SMIC et avoir un variable. C’est un discours d’entrepreneur qui plait au patron », se rappelle-t-il. Le patron en l’occurrence, c’était Philippe Moreau, désormais président d’honneur de la CGPME Pays de la Loire, qui a rendu hommage à son éthique et son exemplarité.
"La force tranquille"
Rapidement, dès la fin des années 90, Yann Le Bihen est devenu secrétaire général. Un poste clé à la CGPME. « C’est un sacerdoce. On y sacrifie beaucoup de choses », confie une de ses collègues de l’Est de la France. Yann Le Bihen créée le « club des secrétaires généraux », anime les réunions. « Yann incarne la CGPME, cette idée d’engagement désintéressé », souligne un de ses collègues. « Yann, c’est la force tranquille. Alors que les débats fusaient dans tous les sens dans les réunions, lui arrivait toujours à en faire une synthèse, jamais dans l’opposition ni dans l’exagération ", poursuit ce collègue devenu ami. Celui qui a vu naître la CGPME dans la Sarthe et dans le Maine et Loire est aussi celui que l’on appelle depuis Paris pour prendre le pouls du moral des entrepreneurs en région. Avec près de 1 500 membres, sans compter les branches professionnelles, la Loire Atlantique est le premier département de la CGPME en terme d’adhérents.
Si son départ était prévu de longue date, en réalité, Yann Le Bihen a levé le pied depuis plus d’un mois. Un repos forcé suite à un AVC, le deuxième en quelques mois. Mais le désormais ex-délégué général ne compte pas pour autant se la couler douce pendant sa retraite. Il va s’engager bénévolement auprès du club de handball de Guérande.
"Plus intelligent à plusieurs"
Un engagement naturel pour ce fils de commerçants très impliqués dans le bénévolat. Avant de s’engager à la CGPME, Yann Le Bihen avait déménagé 11 fois en treize ans, changé cinq fois de travail, participé à la création de quatre entreprises, de la grande distribution à la vente de matériel industriel, en passant par la reprise du magasin familial de vêtement à Guérande, et la publicité.
De ses 43 ans de carrière, Yann Le Bihen retient une leçon qu’il voudrait partager avec les entrepreneurs : " Il faut que les chefs d’entreprise soient solidaires. On n’a pas le choix, on est toujours plus intelligents à plusieurs."
S’il promet de rendre quelques visites à "ses amis de la CGPME", c’est désormais Jean-Joseph Batardière qui le remplace officiellement au poste de délégué général de la CGPME Pays de la Loire