AMN DPI : Le pari gagnant de la chaîne plastique
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AMN DPI : Le pari gagnant de la chaîne plastique

Installée à N-D de Gravenchon depuis 1979, AMN DPI est une société familiale qui évolue sur des marchés de niches. Seules trois autres sociétés dans le monde, sont capables de réaliser les outils qui permettent aux groupes pétroliers ou chimiques la granulation des plastiques.

«Ce qui m'a toujours surpris, c'est qu'une petite structure comme AMN DPI puisse innover alors que de grandes sociétés n'ont pas cherché à le faire. Dans notre secteur, nous avons souvent été une locomotive», s'étonne encore Christian Pierens, le président d'AMN après presque trente années d'existence de son entreprise. Une longévité qui ne doit rien au hasard mais plutôt au caractère permanent d'innovation de cette société spécialisée dans la fabrication d'outillage destiné à la production de granulés, constituants la matière première du plastique.




Au coeur de l'innovation

L'investissement en terme de R & D d'AMN varie d'une année sur l'autre mais en général, la société réalise un nouveau produit tous les cinq ans: «La proximité que nous avons gagnée avec nos clients grâce à notre expérience, nous sert souvent de déclencheur pour un nouveau programme de recherche car ce sont leurs problèmes qui nous amènent à trouver des solutions. Car innover pour innover ne sert à rien, il faut innover pour vendre». Fort d'un bureau d'étude formé de quatre personnes, AMN a récemment mis au point le R2D2 qui permet à ses clients d'augmenter la quantité de granulés produits, sans perte de qualité et à des coûts très bas. «La confiance que nous avons gagnée chez nos clients nous permet de réaliser chez eux des tests grandeur nature. Notre vraie plus value restant notre capacité à assembler des matériaux différents, tout en restant très artisanal».




L'export comme moteur

Constituée en SAS dont Christian Pierens est l'unique actionnaire, la société AMN se positionne sur deux marchés. D'abord, celui de «La filière» qui donne naissance au granulé, soit une grosse plaque ronde avec des trous par laquelle s'écoule la matière plastique. Puis sur cette plaque, tournent des couteaux qui permettent de réaliser des granulés. Des couteaux qui constituent le second marché d'AMN. «Nous produisons entre 40.000 et 50.000 couteaux à l'unité par an pour un coût de 100€ pièce ainsi qu'une soixantaine de filières annuellement. Ces filières sont des outils complexes dont le prix peut dépasser les 150.000€». De vrais marchés de niches sur lesquels AMN réalise 90% de son chiffre d'affaires à l'export dans 43 pays (40% en Europe, 30% sur l'Asie, 20% aux USA et seulement 10% en France). «En tant que fabricants d'outils dans notre domaine que trois concurrents comparables à AMN: un Allemand et deux Américains. Le reste, ce sont des fabricants de machines qui installent nos outils, donc une forme de concurrence différente et elle aussi très limitée».




Une entreprise familiale

L'aventure entrepreneuriale de la famille Pierens débute en 1964, lorsque Robert Pierens (père de Christian) créé SNOP à Notre-Dame de Gravenchon, une société spécialisée dans l'outillage de presses «Outilleur de formation, il avait toujours mile idées et était un génie de la mécanique». Mais les années 70 sont difficiles et des complications obligent Robert Pierens à fermer l'entreprise: «C'est sur les cendres de SNOP que mon père a bâti AMN. Dès le départ l'entreprise s'est engouffrée dans ce secteur de niche: un ensemble d'outillage qui permet d'élaborer la matière première en tant que matière plastique». Alors qu'il ne se destine pas forcément à prendre rapidement la tête de l'entreprise familiale, Christian Pierens doit brutalement suppléer son père suite au décès de celui-ci en 1984: J'avais débuté en 1979 comme dessinateur industriel puis chef d'atelier mais je n'étais pas préparé à prendre cette succession». Un virage difficile pour Christian Pierens qui sera pourtant récompensé plus tard en 1998 le prix de l'autodidacte décerné par PriceWaterhouseCoopers. Sébastien Colle

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