Aménagement Services : Non grata au MIN

Aménagement Services : Non grata au MIN

Partira ou partira pas ? C'est la grande question sur le MIN au fil du feuilleton judiciaire qui oppose depuis 2007 Georges Reynaud, gérant de l'entreprise de gestion Aménagement Services et la Sominice société d'économie mixte responsable du site. L'organisme présidé par Joseph Calza cherche à pousser Georges Reynaud hors des murs de Saint-Augustin pour mise en danger du site et non-respect de ses engagements. Mais l'entrepreneur résiste et les recours en justice s'enchaînent. Le dernier référé en date, fin août, devait déterminer si le dirigeant serait expulsé le 3 septembre. Le jour de notre bouclage, son sort n'était pas encore scellé. Lucie Lautrédou

Georges Reynaud a voté pour Christian Estrosi aux dernières municipales. Aujourd'hui le gérant d'Aménagement Services, société de gestion installée sur le Marché d'intérêt national (MIN), dit le regretter. Source du mécontentement le fait que, d'après lui, le ministre maire «m'a informé via son chef de cabinet qu'il s'occuperait personnellement de mon cas».




Un gérant, trois entreprises

Son cas, c'est le contentieux qui l'oppose à la Sominice, société d'économie mixte en charge de la gestion du MIN, qui cherche à bouter les entreprises de Georges Reynaud hors de ses terres bitumées. Car les griefs ne concernent pas une mais trois sociétés gérées par le quinquagénaire: Aménagement Services (AS), Stem et Avenir Recyclage (AR). En effet, l'entrepreneur s'est installé sur le MIN suite au rachat en 2004 du fonds de commerce de la SDF Caiulo, spécialisée dans le transport et le recyclage de palettes. Il a donc créé AR pour maintenir l'activité de l'entreprise qui employait alors 7 personnes, et en compte aujourd'hui 14. Il installe également une partie de la Stem, par ailleurs installée à Villeneuve-Loubet, sur les terres de Saint Augustin. «La Sominice ne voulant qu'un interlocuteur, j'ai créé la société de gestion AS, les négociations ont été tripartites, tout était très clair dès le départ», plaide le dirigeant.




2007, début du feuilleton

Pourtant, après un premier passage en conseil de discipline pour entreposage de produits dangereux en 2007, Georges Reynaud est de nouveau convoqué en 2009 pour hébergement de sociétés apparentées, activité ne correspondant pas au domaine du MIN et occupation du domaine public parking flotte. «Comment la Sominice peut-elle parler, six ans après, d'hébergement irrégulier de sociétés alors qu'elle a donné son agrément? Comment dire qu'elle n'était pas au courant de la venue de la Stem alors que suite à une demande de mise en conformité des locaux pour l'activité transport, la Sominice a déposé un permis de construire? Et pourquoi nos activités ne correspondraient pas au domaine du MIN alors que nous avons racheté le fonds de commerce des établissements Caiulo, spécialisés dans le recyclage et le transport?», s'insurge l'accusé.




«Argument extravagant»

Mais quels que soient les arguments de la partie adverse, Joseph Calza, président de la Sominice n'en démord pas, «AS ne répond pas à ses engagements et met en danger la sécurité du MIN». Et si Georges Reynaud invoque pour sa défense les 80 emplois qu'il représente, Joseph Calza rétorque que «c'est un argument extravagant puisque nous ne pouvons considérer que l'effectif d'AS (16personnes, ndrl). Il fait venir des salariés qui n'ont rien à voir». Concernant l'utilisation de l'espace par la société de transport Stem, il assène que sa présence sur le MIN «n'est pas indispensable et qu'il n'a qu'à chercher un terrain ailleurs, mais Georges Reynaud ne veut pas payer plus cher qu'ici».




Expulsion le 3septembre?

Bref, chacun campe sur ses positions. Le 27août, la Justice statuait une énième fois sur ce cas. Une audience en référé qui devait déterminer si oui ou non l'avis d'expulsion d'AS, et de ce fait des deux autres entreprises, fixé au 3septembre, était valide. Au moment du bouclage du journal le 31août, la Justice n'avait pas encore rendu sa décision. Mais le gérant avait d'ores et déjà annoncé la couleur: quoiqu'il arrive il ne partirait pas de lui-même, quitte à se faire expulser par les pouvoirs publics.




Affaire sur fond de déménagement du MIN

Derrière cette détermination se cache le sentiment d'injustice de l'entrepreneur. Pour lui, il est «victime d'une affaire niçoise dans laquelle les dés sont pipés». Un feuilleton judiciaire sur fond de déménagement du MIN et réaménagement du site. Pour lui, la Sominice, «qui n'est que le bras droit de la mairie», cherche à libérer de l'espace pour reloger les sociétés déplacées suite à l'aménagement en gare multimodale d'une partie de la surface. «J'occupe 1.700m² sur les 2.500m² du bâtiment palettes et recyclage. Les gérants veulent le récupérer et quand j'aurai sauté, les autres seront faciles à déloger», parie Georges Reynaud. Il est vrai que tout le monde n'est pas prêt à débourser des fortunes pour se défendre. Rien qu'en 2009, le quinquagénaire a dépensé 50.000€ en frais d'avocats. Et pendant ce temps-là, l'escalade judiciaire met en péril les dizaines d'emplois que représentent les trois entreprises, qu'elles soient basées au MIN ou ailleurs.