C'est une mousse métallique multi-composants baptisée EcoContact® et protégée par 31 brevets internationaux. Petite mais costaude, elle pourrait bien révolutionner l'industrie électro-intensive. Une niche estimée à plus de 500 entreprises en France sur laquelle s'est positionnée la PMI cannoise AMC Etec, spécialisée dans la conception et la fabrication de systèmes électrotechniques de puissance pour répondre aux besoins d'optimisation de la production et de la livraison d'électricité. « Les pertes liées aux contacts électriques dans les circuits de distribution ou process industriels sont responsables à l'échelle de la planète d'un gaspillage de 5 à 25% de l'énergie totale consommée. Avec EcoContact®, nous les réduisons de plus de 80% », revendique Michel Pillet, son dirigeant, qui vient de recevoir le prix de l'Innovation de la région Paca. Glissée entre les points de connexion, cette innovation, qui se présente comme une alternative à la graisse de contact dont le règne touche à sa fin, permet donc un gain énergétique certain, mais aussi d'améliorer la sécurité des personnes et des installations, de diminuer les coûts de maintenance, d'allonger la durée de vie des connexions électriques...
Bon timing
Lancé il y a huit ans, EcoContact® représente à ce jour une part marginale du chiffre d'affaires d'AMC Etec (2,2 millions d'euros en 2016). Mais devrait monter en puissance pour dominer, à terme, l'activité de la PMI. C'est son pari. « Il faut compter dix ans pour que notre métier adopte un produit, dont au moins cinq ans de retours d'expériences. EcoContact® est au bout de ce processus. Il a fait ses preuves auprès de clients prescripteurs et grands acteurs du secteur comme EDF, Areva, ArcelorMittal ou encore Schneider Electric ». Des références qui commencent à en convaincre d'autres, à l'instar du distributeur et gestionnaire d'électricité de la région de Casablanca, Lytec, avec qui AMC Etec vient de signer.
Un projet à 5 millions d'euros dans le Var
Car la PMI, après avoir fait le dos rond face à la dégradation du climat industriel des années 2000, entend désormais profiter d'une Europe qui se réindustrialise, d'une Afrique qui s'électrifie. Des tendances de fond qui se lisent dans la forte croissance d'activité (+50%) engrangée par le fabricant ces deux dernières années. Et qui se traduisent par un plan de développement à cinq ans, matérialisé dès 2018 par une nouvelle usine de production de 2 500 à 3 000 m² sise dans le parc d'activités Epsilon de Saint-Raphaël. Un projet de 4 à 5 millions d'euros que le dirigeant présente comme « une extension d'activité », lui qui n'envisage pas « pour le moment » de quitter Cannes, même si le site actuel, durement touché par les inondations de 2015, est depuis soumis « à des règles d'urbanisme si contraignantes qu'elles surenchérissent le coût de construction ». C'est donc à Agay, toujours dans le Var, qu'AMC Etec a inauguré l'été dernier son laboratoire d'innovation, ouvert aux experts de l'électrotechnique de puissance et de l'électrochimie afin de trouver des solutions à la hauteur des importants besoins mondiaux en production, distribution et connectique électrique. Un secteur aux enjeux colossaux mais « déserté par les jeunes ingénieurs », regrette Michel Pillet. Qui table sur un doublement de son effectif d'ici à 2020 pour un chiffre d'affaires de 5 millions d'euros.