La France possède à la fois l'un des pires taux de chômage des jeunes (plus de 23%) et l'un des plus faibles taux d'emploi en alternance. Étonnant, non? Un tiers de nos entreprises pratiquent l'alternance contre les deux tiers de leurs consoeurs allemandes. Malgré un quota de 3% (bientôt porté à 4%), au-delà de 250 salariés, le taux d'alternance se traîne à 1,7% (6% en Allemagne). Et le nombre baisse. Le gouvernement a donc raison de vouloir passer de 600.000 à 800.000 jeunes en alternance en 2015. Petit rappel: 1,6million en Allemagne... pays où d'anciens apprentis dirigent de grands groupes, et non des énarques n'ayant jamais appris à produire ou vendre quoi que ce soit. Nos freins culturels, privilégiant les diplômes, sont-ils si pesants? Les contraintes administratives freinent-elles les ardeurs? Pourtant, l'alternance donne d'excellents résultats pour le jeune comme pour l'entreprise. Preuve : le taux d'embauche est de 70% à la sortie. Dirigeants d'entreprise, un petit effort! On ne peut pas à la fois râler contre l'école «qui n'apprend plus rien» et fermer sa porte quand elle se branche sur l'entreprise. On ne peut pas grogner contre les jeunes «qui ne veulent pas bosser», et leur tourner le dos quand ils s'ouvrent à une formation de terrain. L'alternance fabrique de vrais emplois durables, à la différence des emplois aidés vers lesquels revient le «libéral» Sarkozy. Peu efficaces économiquement, peu formateurs pour les jeunes, coûteux budgétairement, les emplois aidés ont, c'est vrai, un avantage immédiat: ils font baisser le nombre de jeunes au chômage à l'approche des échéances électorales... ENTRE NOUS par Vincent Combeuil
Directeur des rédactions