Alsace : L'atmosphère s'est refroidie
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Alsace : L'atmosphère s'est refroidie

Climat des affaires Cette fois encore, le ralentissement économique n'épargne pas l'Alsace. Mais tous les secteurs ne sont pas impactés de la même façon.

L'éclaircie aura été de courte durée. Se remettant à peine en 2010 d'une crise de 2008-2009 qui aura vu l'économie alsacienne particulièrement souffrir, cette dernière a de nouveau plié sous les assauts de la crise des dettes souveraines. «Fin 2010, les entreprises signalaient avoir retrouvé le niveau d'activité d'avant la crise, en particulier celles présentes à l'export», rappelait le mois dernier Philippe Jeannel, directeur régional de la Banque de France, quelques jours avant son départ pour Paris. Mais la sinistrose a vite retrouvé ses droits. «Dans l'industrie, force est de constater qu'il n'y a pas eu un effondrement de la production, mais le moteur est au ralenti depuis mai2011», constatait le responsable. Avec à la clé un vrai problème de visibilité. "Je tourne, mais je ne sais pas où je vais". Ainsi est résumé l'état d'esprit des dirigeants alsaciens, englués dans une forme de «stagnation plus», selon Philippe Jeannel. Problème: depuis début 2012 et la «casse du ressort de l'export, on est passé à un régime de "stagnation moins"», précisait-il. Concrètement, cela se traduit par des carnets de commande à la baisse, qui ne se regarnissent pas. L'agroalimentaire ne parvient plus à afficher le dynamisme qui est traditionnellement le sien, pénalisée notamment par le recul des chocolats et confiseries à l'exportation, selon la Banque de France. Le secteur des équipements électriques, qui avaient bien résisté, a fléchi. Enfin, une fois encore, la catégorie des matériels de transport (qui englobe la construction automobile) affiche des carnets de commandes «insuffisants, voire très insuffisants».




Les services à l'industrie souffrent

Du côté des services, le constat est un peu plus nuancé. Évidemment moins exposés aux variations des tendances à l'export, ils affichent un indicateur du climat des affaires «plutôt meilleur», selon la Banque de France. Cela n'empêche pas le secteur de souffrir, notamment dans ses activités de travail temporaire et de transport de marchandises, elles-mêmes directement liées à... l'industrie. Bons élèves de la filière, les services informatiques entraînent les indicateurs. C'est simple, «ils n'ont pas eu d'interruption de croissance depuis la mi-2009», précise Elisabeth Eschbach, du pôle économique de l'institution de la place Broglie. Mais ce rayon de soleil ne doit pas masquer la réalité. Il y a en effet peu d'espoir de voir la situation évoluer favorablement d'ici à la fin de l'année. «Le climat général des affaires reste moyen et l'on tend vers une croissance nulle. Du coup, les chefs d'entreprises sont dans une expectative empreinte de préoccupation», concluait Philippe Jeannel. Histoire de ne pas rester sur un sentiment globalement mauvais, tout juste a-t-il évoqué le deuxième semestre de 2013 pour une amorce de reprise. Méthode coué?

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