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AlphaEdge monte en puissance dans l’IA frugale et souveraine et prépare une levée de fonds
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AlphaEdge monte en puissance dans l’IA frugale et souveraine et prépare une levée de fonds

Créée sur les bases d’AlphaPen, lancée fin 2023 pour développer un stylo intelligent qui numérise les écrits et les restitue en un format numérique éditable, la start-up angevine AlphaEdge a développé une solution d’intelligence artificielle souveraine et frugale pour le marché professionnel. Elle ambitionne de devenir leader européen de l’IA efficiente et va effectuer une première levée de fonds pour l’automne.

Fabien Fasson et Théo Hubert développent avec AlphaEdge une IA souveraine et frugale — Photo : AlphaPen

Développer une IA pour concurrencer frontalement les géants internationaux du secteur, en se différenciant par la souveraineté et la frugalité, c’est le pari que s’est lancé la start-up angevine AlphaEdge. Initialement, Fabien Fasson et Théo Hubert avaient lancé fin 2023 AlphaPen, mettant au point un stylo numérisant les écrits pour les restituer en texte de format éditable. Forts de cette expérience, ils ont pivoté en transférant le modèle d’intelligence artificielle qu’ils ont créé vers d’autres applications et rebaptisé leur start-up AlphaEdge. Elle développe une IA qui ne nécessite pas d’hébergement sur un cloud, donc beaucoup moins dépensière sur le plan énergétique et environnementale, et qui permet à l’utilisateur de conserver ses données en utilisant le produit sur ses propres outils, qu’il soit ordinateur ou même smartphone.

12 collaborateurs

Depuis le lancement il y a tout juste quelques mois de son API, avec deux modèles permettant pour l’un de digitaliser des documents et pour l’autre de transformer des voix en texte, AlphaEdge a déjà séduit des clients français et internationaux, dont une filiale d’une grande banque du CAC 40.

La start-up, installée actuellement dans les locaux de l’école d’ingénieurs ESAIP, emploie déjà 12 collaborateurs et prévoit un effectif d’une vingtaine de personnes fin 2026 et d’une cinquantaine fin 2027. "Nous sommes partis de zéro il y a un an et depuis ce début d’année, nous en sommes déjà à un chiffre d’affaires signé de 400 000 euros", témoigne Fasson, cofondateur et président d’AlphaEdge.

"La technologie que nous proposons est pertinente et intéresse les entreprises. C’est un produit souverain, conçu en France, et notre API est au format cloud sur des serveurs français. Mais nous pouvons développer aussi nos modèles pour des applications métier directement chez le client, dans son infrastructure informatique ou ses téléphones. Dans ce cas, toutes ses données ne sortent même pas de chez lui", poursuit-il.

Un robot ramasseur de pommes

AlphaEdge a donc déjà installé des modèles d’IA chez plusieurs entreprises de différents secteurs d’activité, soucieuses de ne pas voir partir leurs données n’importe où. "Notre expertise réside sur la capacité d’embarquer de l’IA dans un produit, en synthétisant les données par des modèles mathématiques qui prennent très peu de place, ajoute Fabien Fasson. Cela ne demande pas de capacités de stockage supérieures à ce que les entreprises ont déjà. Si c’est le cas et qu’elles ont besoin d’une carte graphique ou d’un peu plus de puissance de calcul par exemple, nous pouvons les accompagner et les budgets restent très faibles."

AlphaEdge a par exemple travaillé sur un robot permettant le ramassage des pommes en y incluant un modèle de vision qui analyse les images. Le robot reconnaît la pomme, analyse s’il est temps de la cueillir et vient la récolter. "Nous sommes en avance sur ces sujets, assure Fabien Fasson, et nous pouvons prendre le leadership sur le fait d’embarquer l’IA dans des objets. L’ambition est d’être rapidement les premiers en Europe sur la question de l’IA frugale et accessible."

Une première levée de fonds de 800 000 euros

À l’heure où l’intelligence artificielle pose des questions de souveraineté, de sécurisation des données et d’impact environnemental, AlphaEdge veut se positionner à contre-courant. En proposant une IA made in France qui consomme peu et qui permet au client de conserver ses données chez lui. Ces clients, la start-up angevine les cible dans l’industrie, dans le secteur de la finance, banques, assurances ou expertise-comptable, et dans les services publics.

Pour atteindre ses objectifs et amorcer sa croissance, AlphaEdge devrait boucler une première levée de fonds dès cet automne, à hauteur d’environ 800 000 euros. "Ce sera la première, indique Fabien Fasson. Nous la souhaitons sous une forme un peu communautaire, et n’importe qui peut investir. Nous avons déjà sécurisé un peu plus de 300 000 euros auprès de futurs actionnaires." Ce premier tour de table, AlphaEdge entend le faire suivre rapidement d’un second en 2027, en changeant de dimension. Il pourrait atteindre, selon Fabien Fasson, "plusieurs millions, voire dizaines de millions d’euros." Il ne s’agira plus là d’amorcer la croissance, mais bien de déployer l’IA frugale née en Anjou à une échelle au minimum européenne.

Angers # Numérique # Intelligence artificielle # Stratégie # Levée de fonds # Innovation # Start-up