Alcatel : Pourquoi le maire de Nantes croit à une fermeture du site d'Orvault
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Alcatel : Pourquoi le maire de Nantes croit à une fermeture du site d'Orvault

Télécommunication Le site fermera en 2015, dit le maire de Nantes. Il ne fermera pas jure-t-on du côté d'Alcatel-Lucent. L'avenir de l'usine nantaise de l'équipementier télécom dépend désormais de l'arrivée ou non de partenaires.

« Le site d'Orvault est une pièce importante du dispositif du groupe. En France et dans le monde ». Cette phrase a été prononcée il y a tout juste un an par Pascal Homsy, alors P-dg d'Alcatel France. Aujourd'hui, à l'heure où le groupe annonce 900 suppressions de postes en France, l'avenir de l'usine nantaise de l'équipementier en télécommunications semble beaucoup plus incertain. Le plan de restructuration présenté par Alcatel prévoit en effet la suppression de 128 postes sur le site d'Orvault qui emploie 490 salariés. En cause, un groupe qui affiche une dette de près de six milliards d'euros !




Le maire de Nantes : « Le site va fermer »

A l'annonce du plan de réorganisation du groupe, Patrick Rimbert, maire de Nantes, et Gilles Retière, président de Nantes Métropole, criaient au scandale arguant que le groupe n'avait pas de stratégie industrielle et qu'en plus il avait trahi les promesses faites aux élus de la cité des ducs. « On travaille avec eux (NDLR : la direction d'Alcatel) et ils nous font des promesses de reconversion du site. Et, tout à coup, cela ne vaut rien ! Cela me révolte ! C'est insupportable ! », s'emporte le maire de Nantes qui enfonce le clou : « Est-ce que ce plan est véritablement un plan de stratégie industrielle ou est-ce que le but est de faire remonter le prix des actions ? La stratégie industrielle d'Alcatel, elle change tout le temps. La stratégie financière me semble, elle, assez claire. Cela n'est pas acceptable ! ». Pour Patrick Rimbert et Gilles Retière, cela ne fait aucun doute, le site orvaltais d'Alcatel va fermer en 2015. Et Christophe Clergeau, vice-président en charge de la Région en charge de l'économie de renchérir en des termes peu amènes : « Ils disent qu'Orvault ne fermera pas ? Mensonge et hypocrisie ! Les dirigeants d'Alcatel habillent la fermeture, peut-être parce que c'est la ville du premier ministre... Le groupe s'était engagé à y conforter les technologies d'avenir, notamment la 4G, sur laquelle travaillent 250 salariés à Orvault ».




Alcatel : « On veut garder de l'activité à Orvault »

Pourtant, pas question de fermer l'usine nantaise, jure-t-on la main sur le coeur chez Alcatel. Patrick Rimbert, Gilles Retière et Christophe Clergeau se seraient donc tous trompés. Officiellement, chez Alcatel, Orvault est un site en « reconversion ». Ce qui est très probable, c'est que certaines expertises devraient être transférées vers d'autres sites du groupe. Lesquelles ? Officiellement, la direction du groupe n'en saurait rien. Toujours est-il qu'« à Rennes et à Toulouse, Alcatel ne sera plus présent. A Orvault, on veut garder de l'activité sur le site », assure Soizick Lamandé d'Aloia, directrice de la communication du groupe en France. Tout dépendra en fait des partenaires que l'industriel recherche actuellement. Pour créer notamment un « campus digital », chargé de garnir le carnet de commandes du site. Là encore, « le schéma n'est pas encore arrêté ». « Un campus digital ? Des partenaires industriels avec la conjoncture actuelle ? C'est du marketing de la part de la direction. La vérité, c'est que c'est la fin annoncée du site d'Orvault en 2015 », dénonce Catherine Oger-Louet, déléguée CFDT.






Luttes internes

Pour la direction d'Alcatel, « Orvault souffre d'un problème de charge de façon récurrente. On ne remet pas en cause les compétences des équipes. Mais, il s'agit d'un site multi-technologiques et avec 490 salariés, il n'offre pas une masse critique suffisante ». Selon plusieurs représentants syndicaux, le site orvaltais d'Alcatel-Lucent serait également victime de luttes d'influence au sein du top-management français du groupe de télécoms. Et à ce petit jeu, Orvault n'aurait pas été bien, ou assez, défendu par rapport à d'autres sites. Il est loin le temps où le P-dg d'Alcatel voyait dans l'usine nantaise « un pilier de notre R&D ». Ce n'était pourtant qu'il y a un an. C'est ce genre de déclarations et le décalage avec les faits qui agacent élus politiques et salariés. La conséquence, c'est que plus grand monde à Nantes ne croit aujourd'hui aux promesses du groupe.



Stéphane Vandangeon et Simon Janvier

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