« Les choix précédents n'étaient pas les bons ! » Pour Vincent Laudat, président de la CCI Rouen Métropole (ex-Seine Mer Normandie) la question est tranchée : Rouen doit avoir un aéroport compétitif pour compter dans le paysage des métropoles françaises et européennes. Géré depuis 2006 par un syndicat mixte réunissant à parts -presque- égales la Métropole de Rouen et la CCI, la plateforme rouennaise n'est plus desservies par des vols réguliers depuis l'abandon de la liaison Rouen-Lyon en décembre 2014 par Brit Air. « On ne peut pas être une métropole de dimension européenne avec des sièges sociaux d'entreprises où les cadres et les dirigeants ne peuvent pas se déplacer », insiste Vincent Laudat. Le président de la CCI qui estime même que l'absence d'un équipement digne de ce nom pourrait amener certaines entreprises à déménager vers d'autres cieux ! Les quelque 200 entreprises de plus de 100 salariés que compte la Métropole « en ont besoin pour leur développement national et européen ».
Renouer avec le hub de Lyon
L'objectif de la CCI est donc d'ouvrir courant 2017, voire 2018 au plus tard, une liaison régulière pour des avions de 100 places vers le hub de Lyon et ses 46 destinations européennes. Pour cela, des compagnies aériennes ont été sondées. Reste à les convaincre de réinvestir l'aéroport rouennais. « Elles raisonnent en bassin de population qui permettent de remplir des avions, explique Vincent Laudat. L'aéroport de Caen fait 150.000 passagers par an avec deux fois moins d'habitants que nous », pointe l'élu consulaire.
« Nous avons repris notre destin en main »
Point positif, l'aéroport n'a pas été « délaissé » pendant ces années de veille : « nous avons continué d'investir », confirme Vincent Laudat. Les récents championnats du monde de Handball dont plusieurs matchs de poules se sont déroulés à Rouen en sont le parfait exemple, souligne le président de la CCI : « pendant une semaine il y a eu des arrivages et des décollages quotidiens ». Côté nouveauté, le syndicat mixte a annoncé en janvier l'abandon de la DSP jusque-là dévolue à SNC-Lavalin dont les actifs français ont été repris récemment par le groupe EDEIS, pour une reprise en gestion directe. « Nous avons décidé de reprendre notre destin en main », résume Vincent Laudat. Quant à savoir s'il n'y a pas déjà trop d'aéroports (5) en Normandie, là encore le président tranche : « on ne va pas vider les autres aéroports de leurs clients ! Il y a une vraie logique démographique et géographique : un Rouennais ne va pas prendre l'avion à Caen ou à Deauville ! » Une vision pas forcément partagée par le Conseil supérieur de l'aviation civile qui pointe dans une étude récente le trop grand nombre d'aéroports régionaux déficitaires !