Aerem : Résister en développant des partenariats
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Aerem : Résister en développant des partenariats

Plus encore qu'ailleurs, la crise frappe de plein fouet les industriels. Dans l'aéronautique comme dans l'automobile, les lancements ou adaptations de programme se sont ralentis, avec un impact direct sur les petites structures comme Aerem. Pour y faire face, l'équipe dirigeante de la Scop envisage de nouer de nouveaux partenariats.

« Aujourd'hui, pour pérenniser notre entreprise et continuer à nous développer, nous devons répondre à des appels d'offres complets. C'est ce que nous commençons à pratiquer dans le secteur aéronautique, en nouant des partenariats avec les cotraitants majeurs, comme récemment avec Goodrich. Nous sommes ouverts à toutes les propositions de partenariat, quel que soit le secteur industriel concerné », assure Jean-Louis Rafin, président directeur général d'Aerem. Spécialisée dans la conception et la réalisation d'outillages, l'usinage de précision et le contrôle dimensionnel, Aerem est née en 1985, à l'occasion d'un essaimage d'Alcatel. Ils sont au départ une dizaine à construire un projet collectif d'offres de prestations industrielles, à une époque où le marché de la sous-traitance est florissant. L'atelier se spécialise rapidement dans la fabrication d'outillage pour la production aéronautique, en amont du lancement des programmes. Puis la société se diversifie en créant un bureau d'études et en élargissant ses domaines d'intervention à tous les secteurs industriels. Elle acquiert une expérience qui en fait un partenaire compétent et innovant des industriels de l'agro-alimentaire, de la pharmacie ou encore du bâtiment. Aujourd'hui, elle réalise 70% de son chiffre d'affaires dans l'aéronautique, dont 45% avec Airbus. « La nouvelle politique d'achat chez Airbus nous pénalise, déplore Jean-Louis Rafin. Les appels d'offre sont de plus en plus nombreux, avec obligation d'y répondre sous peine d'être écarté de la liste des fournisseurs. Pour maintenir nos parts de marché, notre stratégie consiste à nous rapprocher d'autres sous-traitants, pour offrir une réponse globale. Et à continuer notre développement hors aéronautique. » Malgré les difficultés conjoncturelles, Aerem maintient sa croissance, continue à investir dans des équipements de haute qualité et dans la formation de ses personnels. Dans sa logique de développement et sa recherche de reconnaissance, elle a décroché une certification ISO 9001 et se prépare à l'obtention de la norme aéronautique EN 9100. Elle a même acquis, en prévision de son évolution, le terrain adjacent à ses locaux actuels, pour y accueillir un éventuel partenaire.




Le choix de la Scop

Dans ce secteur, le choix d'une organisation en Scop à la création même d'une entreprise reste rare, étant généralement associé à la reprise d'entreprise par un collectif de salariés. Jean-Louis Rafin l'affirme : « Si on produit ensemble, on prend les risques ensemble ». Un postulat partagé par les 12 associés actuels d'Aerem. À l'origine, cette orientation statutaire a été retenue pour permettre aux fondateurs d'investir leurs indemnités de licenciement dans un projet collectif. Le mode de fonctionnement démocratique est ensuite devenu une philosophie pour l'entreprise. « C'est une autre façon de travailler » analyse Jean-Louis Darasse, directeur général. « Nous partageons les préoccupations stratégiques, les prises de décisions sont mesurées et collectives, les bénéfices réinvestis pour le développement de l'entreprise. » Conséquence : une stabilité et une implication des équipes remarquable, un savoir-faire qui se maintient au sein de l'entreprise, autant de qualités reconnues par les clients d'Aerem.

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