Lorsqu'ils lancent leur propre bureau d'études en ingénierie en 2001 (Servon-sur-Vilaine), Éric Vasuta et Richard Fabien mettent au point des machines spécifiques pour l'industrie. Actima travaille alors principalement pour des équipementiers automobiles, mais aussi pour l'industrie agroalimentaire, sur des applications spécifiques. «Nous nous étions positionnés sur le rétrofit, indique Éric Vasuta, co-gérant d'Actima. En deux mots, il s'agit de réadapter des machines pour une nouvelle utilisation industrielle». Avant, les entreprises investissaient dans de nouvelles machines à chaque changement de produit fabriqué. Mais avec la conjoncture actuelle, la tendance est au recyclage de matériel. Actima travaille donc au cas par cas pour adapter les machines aux besoins du moment, directement chez le client (après différentes étapes d'études techniques, de validation, de fabrication chez des sous-traitants...). «Nous, nous assemblons», ajoute Richard Fabien.
Produit en test chez Carrefour depuis 2 ans
Les deux hommes ont l'habitude de travailler au cas par cas, même s'ils «réutilisent certaines idées». Lorsque, par des liens familiaux, Richard Fabien rentre en contact avec le groupe Carrefour, il a l'idée de proposer un nouveau produit, dans le but d'améliorer les conditions de travail dans les bases logistiques. Actima met alors au point une machine capable de déposer des palettes Europe au sol, sans effort et en toute sécurité. L'idée paraît simple, mais la machine n'existait pas jusqu'alors. Il fallait l'inventer! Le prototype est testé depuis deux ans déjà sur la base logistique de Carrefour auMans. Le groupe, satisfait du produit, en a commandé cinq autres pour ses différentes bases. Le principe: l'appareil prend et dépose au sol jusqu'à quinze palettes Europe, à intervalle égal. Le tout en moins de 10 secondes à chaque fois. Le chariot permet donc de gagner du temps, d'accumuler moins de fatigue, de faire moins de casse. De plus, il nécessite moins de maintenance qu'un chariot classique. Coût de l'engin: 17.000€ (contre 5.000€ pour un transpalette électrique). «D'autres marchés sont possibles maintenant pour ce nouveau produit, indique Éric Vasuta. Nous pouvons intéresser tous les sous-traitants logisticiens aussi, et ce à travers toute l'Europe».
Lutter aussi contre les TMS
Les deux ingénieurs vont donc fabriquer leur propre dépalettiseur pour pouvoir faire des démonstrations auprès d'autres grands groupes, notamment dans la distribution. Avec la chasse aux TMS (troubles musculo-scelettiques), le dépalettiseur mobile d'Actima a de l'avenir. «Il a déjà été vu par des responsables de la Cram de Pays de la Loire, qui ont fait entrer notre documentation technique dans leur bibliothèque», se réjouit Richard Fabien.
Le bureau d'études Actima a mis au point un nouvel outil de logistique. Leur dépalettiseur mobile est déjà utilisé dans les bases logistiques de la grande distribution. Objectif pour le produit: conquérir l'Europe.