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Abandon de la taxe carbone : du répit et des interrogations à Cordemais
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Abandon de la taxe carbone : du répit et des interrogations à Cordemais

Cette nuit, lors des débats à l'Assemblée Nationale, sur le projet de loi de Finances 2017, le secrétaire d'Etat au Budget, Christian Eckert, a laissé entendre que le gouvernement renoncerait à instaurer une « taxe carbone », mettant en péril l'activité de cinq centrales à charbon de France. Pas complétement rassurés, les syndicats de la centrale de Cordemais en Loire-Atlantique qui s’étaient mobilisés une nouvelle fois hier, craignent un volte-face de la ministre de l'Ecologie Ségolène Royal.

La taxe carbone, annoncée par le président de République François Hollande lors de la conférence environnementale au printemps dernier, aurait dû entrer en vigueur le 1er janvier 2017. Elle aurait imposé un prix plancher de 30 euros la tonne de CO2 émises, qui aurait condamné très rapidement les cinq centrales à charbon de France, dont celle de Cordemais, en Loir. Manifestations, grèves, voilà plus de six mois que les syndicats de la centrale EDF de Cordemais se battaient, hier encore au terminal charbonnier de Montoir-de-Bretagne, contre l’instauration de cette « taxe charbon ».

"Ségolène Royal pourrait contredire le gouvernement"

L’annonce de Christian Eckert cette nuit est donc un « soulagement », pour Gwenaël Plagne, secrétaire CGT du CE de la centrale de Cordemais. « Mais on reste tout de même prudent, tempère le syndicaliste, on sait que l’on n’est pas à l’abri d’un coup de Trafalgar. » Il craint un revers de situation de la part de Ségolène Royal. La ministre de l’Ecologie doit en effet s’exprimer dimanche. « Elle vient de contredire Manuel Valls sur l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, elle pourrait aussi prendre à revers le gouvernement sur la taxe carbone. »

Le syndicaliste attend donc un communiqué officiel pour se réjouir et annuler définitivement les manifestations prévues jeudi prochain à Gardanne ( Bouches-du-Rhône) et devant le ministère de l’Ecologie le 8 novembre prochain.

"On aurait couté 60 millions par an à EDF"

Christian Eckert précisait cette nuit que cette taxe aurait mis en jeu « plus d'un millier d'emplois ». A Cordemais, Gwenaël Plagne a fait les comptes : « Avec l’arrêt de la production de charbon, on aurait coûté 60 millions d’euros par an à EDF. On n’aurait plus du tout été économiquement viable. »

Le secrétaire de la CGT était d’autant plus inquiet que l’arrêt de la production de charbon aurait aussi, selon lui, fortement pénalisé la conversion de la centrale à la biomasse. « Pour produire de la biomasse, cela nécessite de la vapeur, qui vient de la production de charbon. En ralentissant sur le charbon, on n’aurait plus eu assez de vapeur pour travailler sur la biomasse.»

Un sursis jusqu'à 2023 ?

Reste que la centrale de Cordemais, comme les autres centrales à charbon de France ( trois au Havre, une à Gardanne et une en Lorraine), n’a obtenu qu’un sursis. Cette nuit, le secrétaire d’Etat au budget a en effet rappelé que la programmation pluriannuelle de l'énergie prévoyait « de toute façon à terme, au plus tard en 2023, de mettre fin à ces centrales » au charbon. Du côté des élus locaux, la décision semble satisfaire la député de la 3ème circonscription de Loire-Atlantique Karine Daniel qui souligne dans un communiqué que « la centrale pourra investir plus sereinement dans son projet de reconversion vers le mix charbon-biomasse».

Par ailleurs, la centrale de Cordemais, doit fermer ses deux tranches fioul d’ici le 1er janvier 2018. La centrale fait travailler directement et indirectement 1 500 personnes.

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