A 89 : Balbigny peut-elle devenir un carrefour économique ?

A 89 : Balbigny peut-elle devenir un carrefour économique ?

L'ouverture prochaine de l'A 89 va-t-elle permettre à Balbigny de s'imposer comme un carrefour économique? Quelles sont les retombées attendues? Pourquoi la ZAIN Loire-Centre n'est-elle pas prête pour ce grand rendez-vous? Premiers éléments de réponses.

Le 28décembre, le dernier tronçon de l'A 89 entre Balbigny et la Tour de Salvagny sera officiellement mis en service. Quel va être l'impact économique de l'arrivée de cette nouvelle infrastructure autoroutière pour notre territoire? Balbigny qui sera désormais à 30 minutes du Nord de Lyon (contre 1h à 1h30 aujourd'hui), 3/4 d'heure de Clermont-Ferrand, 40 minutes de Saint-Étienne et 20 minutes de Roanne peut-elle s'imposer comme un véritable carrefour économique?




Une autoroute structurante

Pour Georges Ziegler, vice-président du conseil général de la Loire en charge de l'économie, l'ouverture de l'A 89 est d'abord et avant tout «un formidable outil de désenclavement» pour le nord de la Loire (Roanne) et pour le centre. Un outil qui «apportera un plus» (voir interview ci-dessous). «C'est une autoroute structurante pour toute la Loire. L'A 89 a d'ailleurs pesé dans la décision de Soprano de s'installer sur Balbigny. C'est aussi le cas pour le groupe Belge Unilin qui prévoit de s'installer sur la ZAC des Plaines. Cette autoroute leur offre un accès pour leurs marchés suisses et allemands», renchérit René Bayle, directeur de l'Agence de développement économique de la Loire. «Une autoroute structurante», qui apportera «un plus»... Oui! Mais dans combien temps? C'est ce que se demande Jean-Marc Régny, maire de Balbigny et président de la communauté de communes. «Je ne suis ni pessimiste, ni optimiste. J'espère que des entreprises exogènes viendront s'installer sur Balbigny. Aujourd'hui, ce n'est malheureusement pas le cas. Nous avons eu quelques prospects, mais rien de concret. Avec la crise, les entreprises ont plus de retenue. La période n'est pas propice au développement économique. Au contraire! Récemment, nous avons eu la fermeture de Lactalis et aujourd'hui c'est Samro qui annonce des mesures de chômage partiel, deux jours par semaine», argumente l'élu.




L'économie ne suit pas!

Si le marché immobilier semble avoir largement bénéficié ces dernières années de l'arrivée annoncée de l'A 89, Jean-Marc Régny regrette que la mayonnaise n'ait pas pris en matière de développement économique. «Depuis trois à quatre ans les lotissements fleurissent sur Balbigny et les alentours. Rien que sur la commune nous devons avoir 120 à 130 lots à vendre. La population croît d'année en années. Je regrette simplement que cet intérêt des promoteurs ne se soit pas transmis aux entreprises. Le marché immobilier profite de l'A 89, mais l'économie ne suit pas», constate le président de la communauté de communes. Et pour cause, la zone d'activité d'intérêt national (ZAIN) Loire-Centre-ZAC de Balbigny, présentée comme le futur poumon économique de Balbigny, ne devrait pas être terminée avant 2014-2015 dans le meilleur des cas. Pire, les travaux d'aménagements n'ont pas encore commencé! «Tant que la ZAIN ne sera pas prête, les entreprises ne s'intéresseront pas à Balbigny. C'est difficile de dire à un chef d'entreprise, voilà le champs dans lequel vous allez installer votre entreprise», ironise Jean-Marc Régny. Et de poursuivre: «Une zone de plus de 50 hectares, cela ne se fait pas en deux jours. Financièrement c'est lourd et puis faut-il encore que les propriétaires des terrains soient vendeurs. Vous connaissez les agriculteurs... Pour l'instant, c'est en stand-by. Il faut laisser le temps au temps»





Laisser du temps, c'est aussi ce que préconise l'étude préliminaire relative à l'opportunité d'implantation d'un hôtel sur la ZAC de Balbigny, conduite par In Extenso à la demande de la financière Rochette (voir témoignage ci-contre).




Du business pour nos PME

En attendant la ZAIN, l'A 89 devrait bénéficier aux autres zones d'activités du département. «L'A 89 va irriguer toute la Loire et pas seulement Balbigny. Il y aura des retombées pour Boën, Feurs, Roanne et la plaine», assure René Bayle. Et d'ajouter: «Je ne vais pas regretter ce que je n'ai pas. La ZAIN de Balbigny n'est pas prête, mais j'ai déjà suffisamment de terrains à vendre sur le reste du département. Et l'A 89 va nous y aider». L'ouverture de l'autoroute devrait aussi bénéficier à court et moyen termes aux PME déjà présentes sur le territoire et en particulier à celles installées sur la zone du Bois Vert à Balbigny. C'est le cas de Duarig. «L'A 89 va peut-être nous permettre de gagner 24heures sur certaines destinations à livrer. La proximité avec Lyon va aussi nous permettre de valoriser notre showroom auprès de notre clientèle du Rhône et de l'Ain», explique Jacques Alexandre Audry, directeur général adjoint de l'équipementier ligérien. Daniel Pellier et José Estéves, les deux associés d'Etancoba estiment que l'A 89 sera effectivement un plus pour rejoindre la capitale des Gaules. «On va gagner du temps surtout en hiver. Notre clientèle lyonnaise représente 10 à 15% de notre chiffre d'affaires selon les années. Ce chiffre ne demande qu'à progresser avec l'A 89», concluent de concert les deux dirigeants.