Le Journal des Entreprises : Vous venez d'être réélu à la tête de la FFB Bretagne, quelle est votre feuille de route ?
Hugues Vanel : J'ai deux objectifs principaux pour ce mandat : aider les entreprises à se développer avec les nouveaux outils numériques dont peut disposer la profession et, dans le cadre de notre entrée dans une croissance durable, le recrutement. Dans un avenir très proche, nous attendons en effet des recrutements très importants pour deux raisons : l'émergence de nouveaux métiers et le fait que nos entreprises n'ont pas recruté depuis huit ans et ont même perdu 10.000 emplois en Bretagne depuis 2008 ! Notre pyramide des âges a beaucoup vieilli et nous allons avoir un besoin extrêmement important de personnel : on parle de 5.200 projets de recrutements en Bretagne pour l'année 2017. Ce sujet sera durable sur les années qui viennent. Il faut se donner les moyens d'atteindre ces objectifs. Nous sommes très suivis par la Région sur ce sujet, mais il faut qu'elle nous aide pour faciliter l'accès de tous nos jeunes apprentis à nos CFA. Dans les deux prochaines années, ils doivent retrouver le niveau qu'ils avaient il y a huit ans, c'est-à-dire former 3.500 jeunes, contre 2.500 à ce jour. Dans le bâtiment, un jeune peut démarrer apprenti et finir chef d'entreprise. Il n'y a pas une branche qui va recruter autant que la nôtre et, pour cela, il nous faut trouver des Bretons.
Et sur le numérique ?
H.V. : Les artisans découvrent ce sujet-là. Nous sentons une poussée numérique phénoménale. Il faut donner à nos entrepreneurs un certain nombre d'outils, notamment CRM, dont un sujet majeur pour nous : le BIM (Ndlr, Building information modeling). Aujourd'hui, cet outil va transformer le mode de fonctionnement de nos entreprises. Ce n'est pas uniquement une maquette numérique, outil très pratique pour visionner une construction, mais principalement un mode de fonctionnement d'un chantier entre les différents intervenants. L'objectif est de gagner en productivité. Il nous faut emmener un maximum d'entreprises bretonnes vers ces outils car nous allons avoir de plus en plus de gens formés et en capacité de conduire des chantiers avec des méthodes différentes de celles que nous connaissons aujourd'hui. C'est une vraie révolution.
Y compris le "petit" artisan ?
H.V. : Evidemment et au contraire même ! Les petites entreprises peuvent être beaucoup plus agiles. Aujourd'hui, nous avons tous un smartphone. Il n'y a pas besoin d'être une grande entreprise pour s'approprier ces outils. Ce n'est pas une question de taille mais d'état d'esprit.