2012 : Les chefs d'entreprise dans l'expectative
# Conjoncture

2012 : Les chefs d'entreprise dans l'expectative

Prospective L'année à venir est-elle celle de tous les dangers pour les entrepreneurs finistériens? Pas si sûr, même s'ils se montrent plutôt inquiets face au «manque de visibilité», le tout dans un marché instable.

Elle approche à grands pas cette année 2012, théâtre d'une élection présidentielle. Pas forcément un bon point pour les affaires, déjà. S'ajoutent à cela un contexte européen complexe, un plan de rigueur national, la pression mise sur les banques... Autant dire que, globalement, les patrons finistériens se plaignent d'un «manque de visibilité». Existerait cette seule «certitude», développée par Pierre Balland, patron du Medef 29: «Les chefs d'entreprise sont terriblement inquiets.» «Nous avons la psychose de la crise de 2008 chevillée au corps», peste Guy Quéré, responsable des transports éponymes, implantés à Saint-Évarzec. «Depuis le mois de septembre, les investissements sont différés», reprend Pierre Balland, qui y voit un «mauvais signal».




Toucher le fond, puis repartir?

Ne parlez pas de l'année à venir à Jean-Marie Soula. En guise de réponse, le directeur général de SDMO Industries attrape son business plan: le document programmé sur cinq ans serait bon à jeter... «Obligatoirement, nous avons beaucoup de craintes», continue Michel Guyot, pour Guyot Environnement. Celui qui est aussi le président du Stade brestois relativise, puisque son chiffre d'affaires va dépasser, et c'est une première, les 100millions d'euros en 2011: «Peut-être qu'on profite du malheur des autres...» Le «malheur», le voici exprimé en chiffres: dans la juridiction du tribunal de commerce quimpérois, sur les neuf premiers mois de cette année et en comparaison avec la même période en 2010, les créations d'entreprises ont baissé de 17% et les reprises de 5%. Dans le même temps, le nombre de PME liquidées a crû de 14%. «Espérons que nous avons touché le fond et que l'économie va repartir», escompte Jean-François Garrec, président de la CCI de Quimper-Cornouaille. Mais certains n'en démordent pas: depuis le début de la crise, ils n'ont qu'un maître mot, «l'anticipation», rapporte Hubert Bruzac, directeur général adjoint d'un groupe B & B Hôtels résolument «optimiste» pour 2012. «Plutôt que de subir la crise, nous essayons de l'amoindrir», acquiesce Fabrice Berrou, patron de la TPE brestoise Terre d'embruns.




«Condamnés à innover»

Dans ce marché «chahuté», «piloter» sa société s'avère «difficile», dixit Jean-Jacques Hénaff, président du conseil d'administration de Hénaff SA. 2012 n'échappera pas à la règle. «Il y a dix ans, avec un effort moyen, nous avions des retours», considère Frédérick Bourget, directeur marketing chez Sill Entreprises. Alors que désormais, «il faut se battre tous les jours, c'est de la folie! Nous sommes condamnés à l'innovation». Pour Claude Quéguiner, P-dg de Quéguiner Matériaux, «2012 ne sera certainement pas un bon cru. Mais de là à dire qu'il s'agira d'une mauvaise année, il s'avère un peu prématuré pour l'affirmer.» Frank Bellion, président de la CCI de Brest, ne dit pas autre chose: «On connaît un certain nombre d'ingrédients. Maintenant, la mayonnaise peut prendre... ou ne pas prendre.» «La croissance et la confiance, cela ne se décrète pas», assène finalement Pierre Balland.

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